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And Patrick Habis

Voir Genève ou mourir

Publié le samedi 18 janvier 2014

La Libre.be

L’opposition syrienne doit participer à la conférence de paix, dit Salam Kawakibi. Syrie Entretien Vincent BraunLa coalition nationale syrienne (CNS), le principal groupe d’opposition - extérieure - au pouvoir, doit décider ce week-end de sa participation à la conférence de paix pour la Syrie, qui s’ouvrira le 22 janvier à Montreux et se poursuivra à Genève, en Suisse. Pour Salam Kawakibi, directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative, un collectif d’instituts de recherche basé à Paris, elle doit se rendre à ce rendez-vous. "Je pense que si l’opposition n’y participe pas, elle sera perdante à tous les niveaux. Participer à une négociation de cette nature, c’est une reconnaissance de la part de la communauté internationale et aussi du régime, même si celui-ci nie qu’il a en face de lui une composante politique qui parle au nom d’une partie des Syriens qui refusent sa pérennité. Autre facteur, les Etats-Unis ont décidé de toute façon de se réunir le 22, avec ou sans l’opposition. Alors si elle n’arrive pas à composer sa délégation et à participer, cela fera vraiment une chaise vide. Et le pouvoir en profitera."

Les conditions sont-elles réunies ?

Les conditions ne sont pas du tout réunies, mais aller à Genève me semble une chose à ne pas rater. Genève sera surtout un événement qui va satisfaire les Américains et les Russes parce qu’ils auront réussi à réunir les Syriens autour d’une table. Ce sera le début d’un processus. L’essentiel pour eux c’est de produire un effet d’annonce.

Pourquoi Damas veut-il finalement dialoguer avec l’opposition/rébellion qu’il considère depuis le début comme des terroristes ?

Le pouvoir syrien a envoyé un message très clair en composant sa délégation uniquement de diplomates. Il n’y a aucune présence militaire ou politique apparente dans la délégation. Ce sont des gens dont on parle beaucoup mais qui n’ont aucun pouvoir politique. Pour un oui ou pour un non, ils retournent vers leurs décideurs, qui ne sont même pas au Palais présidentiel mais dans différents services de sécurité. Cette composition est une manière de montrer qu’il s’agit d’une négociation internationale, et pas sur le plan intérieur. Le pouvoir ne négocie pas avec une opposition syrienne, mais avec les forces étrangères qui essaient d’envahir la Syrie. Pour lui, il ne s’agit pas d’une révolution, pas même d’une guerre civile, mais d’un complot international. Cela montre que le régime n’attend pas grand-chose au niveau intérieur, il attend de négocier avec la communauté internationale et pas avec les Syriens.

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