Suivez nous!

Dernier Numéro

design by Studio4u
And Patrick Habis

Un pays inconnu la Macédoine

Georges Castellan, Crozon, éd. Armeline, 2003, 154 p., 25€

La petite république de Macédoine n’a jusqu’à maintenant guère intéressé les chercheurs français. Le livre de Castellan est le deuxième du genre, d’où la justesse de ce titre Un pays inconnu. D’ailleurs l’auteur, dans son avantpropos daté de décembre 2002, écrit : « La Macédoine actuelle – le pays admis à l’ONU en 1993 – est une quasi-inconnue pour la plupart des Français. La documentation en notre langue fait cruellement défaut : un seul livre, La République de Macédoine, paru en 1998 aux Editions L’Harmattan… Il manquait donc une vue d’ensemble de l’histoire de ce pays. Histoire complexe d’un Etat très tardivement constitué à partir d’une région géographique plus que millénaire et dont l’existence même pose à la société internationale contemporaine de difficiles problèmes. La Macédoine n’a-t-elle pas donné son nom à une salade d’éléments divers ? ». Dans le petit monde de la balkanologie, Georges Castellan n’est plus à présenter. Il fut un précurseur dans ce domaine, auteur de la monumentale Histoire des Balkans éditée chez Fayard en 1991, rééditée et complétée en 1999. Aujourd’hui à la retraite, il a décidé d’écrire un petit livre qui fait le point sur l’histoire de la Macédoine, de la préhistoire au XXIe siècle, bref une sorte de gros « Que sais-je ? », agrémenté d’une iconographie, de cartes, d’une chronologie et d’un glossaire. En une centaine de pages, l’auteur promène le lecteur dans cette histoire complexe, mouvementée, souvent tragique : l’invasion des Slaves, l’occupation ottomane, puis le réveil des nationalités. C’est là que les choses se corsent. En effet, les Macédoniens slaves sont quasiment les derniers à se « réveiller ». Leurs voisins grecs, bulgares et serbes ont déjà arraché leurs indépendances, d’où une lutte sur deux fronts, contre les Turcs pour l’indépendance de la grande Macédoine et contre les voisins qui veulent se partager le gâteau. Ces derniers rafleront la mise. Il faut donc attendre l’explosion de la Yougoslavie post-titiste pour que la petite Macédoine accède pour la première fois à l’indépendance. Mais la joie sera de courte durée. En effet, c’est désormais de l’intérieur qu’elle est à nouveau attaquée. La minorité albanaise aiguillonnée par une minorité extrémiste plonge dans le séparatisme et l’irrédentisme. Et Georges Castellan de conclure très justement : « C’est l’avenir de la Macédoine et sa survie qui se jouent sur cette question ».