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And Patrick Habis

Traces d’Anges

Zineb Tebessi Elmili, Islam-Occident/ L’Harmattan, Paris, 216 pages

Journaliste algérienne, Zineb Tebessi Elmili perd sa fille Lamiss qui est à ses côtés, dans un tragique accident de voiture. Va-t-elle se laisser submerger par la douleur et rester prostrée ? Non ! Elle se souvient des conversations, souvent prémonitoires, qu’elle avait avec Lamiss. L’enfant s’indignait, par exemple, du sort réservé aux femmes ou s’étonnait de l’importation de poupées Barbie alors que l’Algérie en avait de superbes dans ses différentes régions. Elle décide donc que la vie doit l’emporter sur la mort, que l’événement douloureux doit se muer en oeuvre d’art ! Elle devient alors chercheuse, collectionneuse, historienne d’art, artiste peintre, brodeuse et fait oeuvre littéraire. Elle raconte cette transformation avec un talent de conteuse. Elle a eu d’autant plus de mérite qu’elle a mené à bien ce parcours parallèlement à une vie politique et diplomatique intense, à laquelle le grand journaliste et écrivain égyptien Mohammed Hassanein Heykal fait allusion dans sa présentation : son mari, Mohamed El Mili El Ibrahimi a assumé de hautes responsabilités à l’époque de Houari Boumediène, avant d’être nommé ambassadeur, notamment au Caire, puis Directeur général de l’ALESCO à Tunis. Ce livre dont les illustrations sont joliment mises en page montre les beaux objets découverts, reconstitués ou peints par l’auteur. On voit défiler dans Traces d’ange des poupées plus séduisantes et plus évocatrices les unes que les autres, dont les noms – Mahbouba, Nejma, Oum Hani, Zourmana…– chantent dans nos têtes. Puis viennent des peintures à l’huile et à l’aiguille de l’auteur qui évoquent des cérémonies comme la circoncision et le mariage ou reproduisent de beaux objets, des bijoux, des vêtements, des calottes et des bonnets de femmes musulmanes et juives, des coiffes… Un vrai régal ! Je ne peux que vous recommander de participer à ce festin.