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And Patrick Habis

Tauromachie, sport, culture

S. Fournier, C. Berné-Boissard, J.P. Michel, Tauromachie, sport, culture , L’Harmattan, Paris, 2006, 226 pages, 20 €

Ce livre collectif est le fruit d’un colloque qui s’est tenu au Centre universitaire de Nîmes en juin 2005. En effet, dans le sud de la France, des Pyrénées à la vallée du Rhône, chercheurs et/ou universitaires commencent à travailler sur le phénomène tauromachique. Sociologues, anthropologues, ethnologues, géographes, journalistes se sont penchés essentiellement sur le public qui assiste aux corridas et sur les fonctions festives qui entourent ces événements dans un espace géographique précis dans le cas de cette recherche : Nîmes, Arles, la Camargue, Pampelune, Séville.

Ces pratiques bicéphales (corrida-féria ; féria-corrida) montrent la diversité sociale et culturelle des participants à l’ensemble de ces spectacles. Les courses de toros sont aussi nombreuses que variées : corrida, novillada, rejon (corrida à cheval), course camarguaise (écarteurs, razeteurs). Elles ne se font jamais dans un environnement neutre. Autour des jeux de toros, il y a toujours des peña (associations d’afficionados), des bodegas (bars-restaurants avec terrasses ou patio) et les classiques forains, vendeurs de bibelots... Les grandes féria françaises (Nîmes, Arles, Dax, Bayonne) drainent des centaines de milliers de personnes, uniquement pour le côté festif estival. Dans ces foules énormes, moins de 20 % assistent aux corridas.

Quoi qu’il en soit, ce phénomène renvoie à la sociabilité associative, aux processus de construction des identités locales et à l’institutionnalisation et à la recomposition des traditions ludiques et festives. Pour ces populations il s’agit aussi de sauvegarder ses racines populaires face à une mondialisation aseptisée et politiquement correcte qui refuse les particularités régionales et locales.

La tauromachie est une pratique multiple qui mélange art, culture, sport et loisirs et qui réfute la distinction entre « culture populaire » et « culture cultivée ».