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And Patrick Habis

Paix et chatiment. les guerres secretes de la politique et de la justice internationales

Florence Hartmann, Paix et chatiment. les guerres secretes de la politique et de la justice internationales [1], Flammarion, Paris, 2007, 322 p., 20 €.

Ancienne correspondante du quotidien Le Monde (voir son entretien dans le n° 64 de Confluences Méditerranée) dans l’ex-Yougoslavie, Florence Hartmann a été de 2000 à 2006 la porte-parole du Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie (TPIY) et conseillère pour les Balkans du procureur, la Suisse Carla Del Ponte. L’auteur avait déjà publié en 1999 une biographie de Slobodan Milosevic qui est la référence sur ce sujet.

Dans ce nouveau brûlot, Florence Hartmann ouvre les portes interdites du TPIY de La Haye et des chancelleries occidentales, plongeant dans les coulisses les plus sombres de la « haute politique » et de la justice internationale avec, entre autre, en toile de fond des révélations sur le procès de Slobodan Milosevic, procès inachevé en raison de la mort de l’ancien dictateur. Elle expose au grand jour les méthodes brutales que les grandes puissances sont prêtes à utiliser, loin des regards indiscrets, pour atteindre leurs objectifs sur la scène internationale, et instaure un véritable dossier à charge qui viole la loi du silence. C’est tout à l’honneur de cet auteur qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Paix et châtiment est aussi le récit inédit de l’attitude équivoque des grandes démocraties face à une justice internationale émergente et dérangeante, pourtant présentée comme le premier acte concret, depuis le procès de Nuremberg en 1945, de leurs engagements à faire en principe reculer la barbarie. L’auteur, ayant quitté son poste, se fait désormais le porte-parole d’une justice internationale qui doit d’abord se battre contre les compromissions des grandes puissances, et en particulier des Etats-Unis. En effet, ces dernières font passer leurs propres objectifs avant la philosophie d’une justice pénale internationale. N’oublions pas que même s’il y eut le procès de Nuremberg, cela n’a pas empêché les Américains et les Soviétiques de protéger de hauts responsables nazis qui ont pu leur servir durant les prodromes de la guerre froide.