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And Patrick Habis

Pages réservées. Un Albanais à Paris

Besnik Mustafaj, Pages réservées. Un Albanais à Paris, Grasset, Paris 1996, 257 pages, 115 F

En général, les diplomates écrivent leurs mémoires à l’automne de leur vie, retirés du service. Besnik Mustafaj lui, livre à chaud ses impressions alors qu’il est toujours en poste et dans le pays où sort son livre. Certes, il ne nous livre pas les secrets du chiffre de son ambassade ni les coulisses des relations bilatérales, mais il rompt avec un certain protocole diplomatico-littéraire. Sans être un iconoclaste, l’homme âgé de 37 ans, a déjà un passé de rebelle dans un pays où la rébellion a été excommuniée pendant 45 ans. Universitaire contestataire, député de l’opposition anti-communiste, un moment pressenti comme ministre dans le premier gouvernement albanais démocratique, Besnik Mustafaj est ambassadeur en France depuis plus de trois ans. Mais c’est surtout un écrivain, auteur entre autre d’Un été sans retour, Les Cigales de la canicule et Petite saga carcérale, traduits en français et publiés chez Actes-Sud. Son oeuvre reste encore totalement empreinte de la folie stalinienne qui a décérébré son pays. Avec Pages réservées, Besnik Mustafaj renoue avec son première essai, Entre crimes et mirages où il raconte la chute du communisme albanais. Cette fois, il s’agit plus d’une ballade d’un écrivain dans la vie diplomatico-intello-mondaine de la France. Si sa vision de la vie politique française est empreinte d’une grande naïveté, son analyse des rapports Est-Ouest et de la situation dans les Balkans ne manque pas de pertinence.