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And Patrick Habis

Les mains de Fatma

Leïla Sebbar

Farid, le narrateur, vit sous la protection de vingt-quatre mains de Fatma que son père, immigré dans le Var, lui remet avant son retour en Tunisie. Farid est bachelier, fils unique et orphelin de mère. Son professeur, Mme Spinelli, joue le rôle de guide bienveillant et c’est grâce à elle qu’il écrit. Sera-t-il écrivain ? Le roman alterne les lettres de Farid à son professeur en maison de repos, ses récits et ses conversations avec ses mères de substitution, ces femmes qui lui redonnent une mémoire : Mme Sarfati et Leïla Sfaxi, relais indispensables entre la France et la Tunisie, gardiennes de traditions précieuses et de recettes gourmandes que Simon Nizard prend plaisir à écrire (on se rappelle ses livres précédents  : Le Goût des pistaches et Le Jardin des couscous, où se mêlent littérature et art culinaire). Farid a besoin de l’expression exubérante et tendre de la solidarité judéo-arabe dans l’exil, comme il a besoin de la cité et des copains qui n’ont pas eu sa chance, et de Naïma pour laquelle, avec Luigi, il entreprend de construire une maison, sa maison. Il a appris, par les femmes, qu’une maison (avec ou sans citronnier) donne une âme à ses habitants. Farid aime Naïma. Il le lui dit en écrivant et en bâtissant, de ses mains, l’avenir. Son père avait raison, la multiplication des talismans a multiplié les forces de Farid et l’espoir que Simon Nizard réussit à communiquer à son narrateur et à son lecteur.