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Les amants de Gibraltar

Dominique Baudis, Les amants de Gibraltar, Grasset, Paris 2010, 316 p, 18,50 €.

Dominique Baudis, président de l’Institut du monde arabe, Député européen et auteur de plusieurs livres a obtenu le « Prix Méditerranée » 2010 pour son dernier roman qui comprend cinq parties et un Épilogue : La Table de Soleiman. La plupart des chapitres portent les noms des intervenants :Angelos, L’évêque Youssouf, Al-Walid, Julien, Tarak (qui donnera son nom au détroit de Gibraltar, Djebal Tarak) Moussa, Florinda,Tarif, Azouz, Agila.

Baudis raconte de façon très vivante comment, au VIIIè siècle, l’Empire Romain d’Orient, fragilisé, se bat contre les armées arabes qui voudraient s’emparer de Constantinople. L’empereur Justinien II (668-711) dit Rhinotmetus « Nez coupé », a régné de 685 à 695. Écarté du pouvoir, il remonte sur le trône de 705 à 711. Assoiffé de vengeance, il fait exécuter les usurpateurs, se marie en grande pompe avec Theodora et résiste aux Arabes. Il confie à son conseiller Angelos, cartographe érudit, une mission d’espionnage de Damas à Ceuta, de Tanger à Kairouan.

Déguisé tour à tour en moine ou en Vénitien, Angelos est reçu par les plus puissants gouverneurs de la région. Pour éviter la prise de Constantinople, il s’efforce de détourner sur la péninsule ibérique l’expédition projetée par le calife de Damas, Al-Walid. C’est ainsi qu’il fait successivement alliance avec Julien, gouverneur byzantin de Ceuta, Moussa, l’émir omeyyade de Kairouan, ou avec Tarak, son vassal d’origine berbère.

C’est sur les traces du brillant stratège Angelos, que Dominique Baudis nous emmène dans ce roman d’aventures, qui est aussi un périple dans la Méditerranée de nos origines. Nous croisons ainsi, au gré des voyages à dos de chameau et de longues traversées en mer, des hommes fiers, animés par la foi et la gloire, prêts à tout pour marquer l’Histoire. Nous rencontrons aussi des femmes, telle Florinda, l’ensorceleuse, Berbère à la beauté sauvage, fille de la célèbre Kahina, la reine guerrière qui résista à l’expansion des Arabes musulmans de la dynastie Omeyyade.

Les masques de l’Orient, les fastes de l’Empire byzantin, les pigeonsvoyageurs et les remèdes de sorcières, tous les ingrédients sont ici réunis pour faire de ce livre une épopée historique hautement romanesque. Signalons en conclusion que le « Prix Méditerranée » a été créé en 1984 et que le « Prix Méditerranée étranger » 2010 a été décerné à l’écrivain israélien Amos OZ, pour Scènes de vies villageoises, traduit par Sylvie Cohen (Gallimard) et le « Prix Méditerranée essai », à Alain Vircondelet pour Albert Camus, fils d’Alger (Fayard).