Suivez nous!

Dernier Numéro

design by Studio4u
And Patrick Habis

Le tourisme en Méditerranée (Il turismo nel Mediterraneo)

A. Spataro et G. Marilotto, Le tourisme en Méditerranée (Il turismo nel Mediterraneo), Edizioni Associate, Roma, 1998, 25 000 lires.

Il a fallu la Conférence de Barcelone, en novembre 1995, pour qu’enfin les pays méditerranéens prennent officiellement conscience ensemble de l’importance du tourisme comme dimension forte de la coopération euro-méditerranéenne, mais aussi, ajouterons-nous, de rapprochement entre les peuples. Cette prise de position entendait reprendre la Charte du tourisme méditerranéen, approuvée deux mois auparavant par les treize ministres du tourisme des dix-neuf pays riverains réunis à Casablanca, qui invitait les opérateurs et les autorités locales à proposer des projets pour promouvoir « le développement équilibré de l’activité touristique dans le Bassin méditerranéen ». Il faut rappeler que le tourisme international correspond à 30% du commerce mondial des services et que la Méditerranée est, après l’Europe, la deuxième zone touristique mondiale. C’est dans ce contexte qu’Agostino Spataro, directeur du Centro Studi Mediterranei à Agrigente (Sicile) a réalisé la première approche globale du tourisme en Méditerranée, prenant en compte l’ensemble des dimensions économiques, sociales, politiques, culturelles et écologiques qui conditionnent l’avenir du tourisme en Méditerranée. S’interrogeant sur les rapports avec le marché mondial, en particulier avec les « Bassins touristiques émergents  » (dans la zone pacifique surtout), les auteurs de cet ouvrage proposent des programmes concrets de coopération intra et euro-méditerranéenne pour un développement « soutenable » du tourisme dans la région. Tenant compte en particulier des difficultés écologiques, ils se prononcent pour une redistribution plus équilibrée des flux touristiques et pour une diversification de l’offre. Dans cette approche, le livre propose des « circuits touristiques intégrés méditerranéens » entre régions frontalières comme instrument et cadre de partenariat transfrontalier et de collaboration mutuellement avantageuse. L’exemple le plus intéressant serait celui de la « route des pèlerins » vers la terre sainte. En fait ce livre, qui mériterait une édition française qui intéresserait les différents et nombreux acteurs du tourisme méditerranéen, amorce une réflexion d’ensemble sur une activité à la fois économique et culturelle qui est l’une des rares activités de dimension vraiment globale en Méditerranée et peut être un facteur déterminant de compréhension entre les peuples et les cultures.