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And Patrick Habis

Le sheikh Yousef al-Qaradâwî et l’islam du « juste milieu » : Jalons critiques

Amin Elias:

Imprégné par le parcours militant du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Bannâ, le sheikhYousef al-Qaradâwî représente l’une des figures islamistes les plus controversées au monde. Ikhwaniste de toujours, Qaradâwî se présente en tant que le défenseur d’un islam « parfait et absolu », un islam qui « existe en soi » et qui constitue un « projet de civilisation global ». En effet Qaradâwî voudrait se dresser contre une tendance voulant redonner à l’islam sa dimension historique. Persuadé par l’idée du déterminisme de la solution islamique et de la nécessité d’établir un magistère indépendant de l’institution traditionnelle islamique, représentée par al-Azhar, et soutenu par le pouvoir qatari, Qaradâwî œuvre depuis les années soixante-dix afin de créer et de consolider l’Union internationale des savants musulmans (UISM) en tant que représentation magistérielle d’un islâm wasat (islam du juste milieu) capable de maintenir l’équilibre entre la « raison » et la « tradition », entre « le monde d’ici-bas » et le « monde de l’au-delà) et de s’engager dans la voie de la « modération » et de la « justice ». C’est ainsi, que l’islam, selon Qaradâwî serait capable de jouer non seulement le rôle d’intermédiaire entre la divinité et les êtres humains mais aussi de jouer un rôle civilisateur parmi les êtres humains et de représenter pour les hommes un « idéal de civilisation » ; un idéal qui va dans le contresens de l’idéal de civilisation que propose le modèle laïque occidental.