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Le Proche-Orient à la croisée des chemins

Ghassan El Ezzi:
16 juin 2008
C’est une bonne nouvelle pour le Liban et la stabilité régionale voire internationale l’élection enfin d’un président de la République. Cela n’empêche de s’interroger sur les raisons de ce dénouement soudain d’une crise qui a défié toutes les médiations et failli précipiter le pays dans une guerre civile des plus meurtrières. Tout porte à croire que l’Accord de Doha n’est que le premier fruit d’intenses tractations multilatérales qu’exprime cette impressionnante présence diplomatique internationale à la cérémonie d’investiture du président Sleimane.

Il y a eu, fort probablement, un « deal » entre une Administration américaine voulant prouver la pertinence de sa stratégie irakienne (ce qui faciliterais la tâche du candidat républicain Mc Cain en pleine campagne présidentielle) et Téhéran qui cherche à étendre son influence régionale :Al-Moussoule et Sadr-city en échange du Liban.

Le Hezbollah lança son offensive éclaire à Beyrouth et en même temps les forces américaines investirent des fiefs d’Al-Qaida(dont plusieurs chefs ont été capturés) et de la milice de Moktada Sadr l’allié des pasdarans iraniens. Ceux-ci n’ont rien fait pour venir au secours de leurs alliés irakiens .De même, les Américains, et au détriment de leur crédibilité auprès de leurs amis libanais, n’ont pratiquement rien fait pour les secourir .Est-ce une simple coïncidence ?

Les négociations israélo-syriennes sous l’égide de la Turquie viennent compléter le tableau d’un Proche-Orient qui vit un moment historique.Le choix d’une Turquie laïque, islamique, atlantiste, se Les négociations israélo-syriennes sous l’égide de la Turquie viennent compléter le tableau d’un Proche-Orient qui vit un moment historique.Le choix d’une Turquie laïque, islamique, atlantiste, se voulant trait d’union entre l’Occident et l’Orient, n’est guère le fruit du hasard. De même pour le petit émirat de Qatar qui héberge la plus imposante base militaire américaine de la région et qui cultive de très bonnes relations en même temps avec L’Iran,la Syrie ,le Hezbollah ,Hamas et Israël.

Il est vrai que l’Accord de Doha, qualifiés d’ailleurs de glorieux et béni par le ministre iranien des A.E. Mottaki, traduit la victoire militaire du Hezbollah en gains politiques, mais son avenir reste tributaire de l’aboutissement des manœuvres régionales.

Le Liban peut jouir de cette trêve signée à Doha, en attendant la nouvelle Administration américaine ,et peut-être des élections anticipées en Israël.,qui pèseront sur l’avenir du Proche-Orient qui se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins entre la paix tant attendue et une déflagration que personne ne peut prévoir les conséquences.