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And Patrick Habis

Le Liban, 25 ans plus tard : sortie de guerre ?

Myriam Catusse: CNRS/IREMAM.
Karam Karam:

Il y a bientôt trente ans, le Liban sortait de façon incertaine d’une guerre meurtrière. A un moment où le Proche Orient est en prise à de multiples conflits, K. Karam revient sur la trajectoire que le pays connait depuis lors, d’abord sous tutelle syrienne puis, depuis 2005, dans un contexte de blocages politiques et institutionnels multiples. Alors que le Liban est touché au premier chef par la guerre en Syrie, pour la première fois dans l’après-guerre est élu un Président de la République bénéficiant d’une base partisane (octobre 2016). Ceci le conduit à mettre l’accent sur trois logiques faussement paradoxales : d’une part, derrière le regain de langages communautaires, il met plutôt l’accent sur le renforcement d’une formule de gouvernement « de consensus », où les partis politiques accentuent leur mainmise sur les communautés ; d’autre part, alors que l’époque est à l’oraison funèbre des Etats, il montre au contraire comment l’Etat libanais se consolide, y compris dans des fonctions régaliennes classiques ; enfin, au lieu de considérer les mobilisations souverainistes de 2005 comme le prélude des printemps arabes, il souligne comment l’entente de ceux qui s’affrontent dans l’arène partisane – et parfois à l’échelle régionale – joue comme un plafond de verre tant pour les mots d’ordres civils que pour les revendications sociales qui traduisent la détérioration des conditions de vie des libanais et des syriens, irakiens, palestiniens qui ont pu y trouver refuge.