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Le Forum Social Maghrébin : les défis d’une société civile maghrébine

Christophe Courtin: Directeur des programmes du CCFD
14 décembre 2007
Des contextes hétérogènes Les manifestations à l’occasion des sommets du G8 et le processus du Forum Social Mondial enclenché à Porto Alegre en 2001 ont donné une nouvelle visibilité aux dynamiques citoyennes des sociétés civiles dans le monde. Les sociétés civiles d’Amérique Latine, d’Europe occidentale, d’Afrique noire, de l’Inde sont engagées fortement dans le mouvement. A quelques exceptions près le monde arabo-musulman, tout comme la Chine et la Russie, n’est pas très actif dans cette nouvelle impulsion démocratique dans l’espace public mondial. Pourtant, au Maghreb [2] l’émergence d’une dynamique de société civile propre à cet espace geo-politique est réelle même si elle peut sembler inattendue, tant les pays de ces territoires apparaissent différents et obéissent à des réalités politiques diverses.

Dans le sillage du Forum Social Mondial, autour du leadership de quelques associations marocaines et de la diaspora maghrébine en Europe, une assemblée constitutive du Forum Social maghrébin a vu le jour à Bouznika en janvier 2006. Réunissant 500 participants venus de tout le Maghreb et d’Europe, elle a jeté les bases d’une dynamique qui devrait permettre la tenue d’un premier Forum Social maghrébin prévu à Nouakchott en Mauritanie en janvier 2008. Depuis Bouznika, autour de quelques associations et syndicats motivés, plusieurs réunions de travail se sont tenues à Alger, Tunis, Rabat, Nouakchott, Paris, Bruxelles, Marseille. Les thématiques qui seront travaillées à Nouakchott ont été identifiées : les conflits, la citoyenneté y compris l’égalité entre les femmes et les hommes, la démocratie, l’intégration mondiale, les projets politiques européen et américain pour la région, les migrations internationales, l’espace méditerranéen, les relations avec l’Afrique subsaharienne, les identités, l’islam. Elles seront discutées sans tabous. Les tensions entre les acteurs qui préparent le forum sont bien évidemment très fortes autour de quelques sujets clefs : la question sahraouie, la laïcité, le féminisme, l’islam, l’identité nationale. Mais à chaque fois, la volonté de démontrer que les acteurs des sociétés civiles sont capables de mener ces débats difficiles, ce que les politiques et les Etats ne savent plus faire, a été plus forte que la division. L’objectif n’est pas de résoudre les conflits mais de créer un espace ouvert où l’on peut parler sereinement en confrontant les points de vue, première étape nécessaire avant d’envisager des évolutions.

Le concept de société civile est entré de plain pied dans notre vocabulaire politique quotidien depuis moins de vingt ans. Forgé par Gramsci dans les années trente dans le contexte d’une Europe prise dans l’étau des totalitarismes, il était tombé en désuétude. Il est aujourd’hui recyclé à la fois par la pensée libérale et dans la pratique altermondialiste encore nourrie par la pensée marxiste. La société civile est une distinction analytique qui permet de repérer un espace public délimité par trois côtés. D’une part l’Etat et ses institutions, dont les partis politiques, d’autre part les marchés et les entreprises et enfin l’individu et la famille. Dans cet espace, les acteurs collectifs relaient et négocient les demandes sociétales auprès de l’Etat et des secteurs économiques.

Cette définition a deux conséquences si l’on veut étudier les sociétés civiles du Maghreb. La première est que ces dernières ne peuvent se comprendre en dehors de leurs relations avec ce que Gramsci appelait la société politique (l’Etat, ses institutions et les partis). La seconde est qu’elles doivent nécessairement s’étudier dans leur relation avec les acteurs économiques de marché et cela passe par la compréhension de l’intégration du Maghreb dans l’économie mondiale. Contrairement à ce que pense l’orientaliste Bernard Lewis qui estime que l’Islam ignore les personnes morales civiles, la société civile au Maghreb existe. A la fois citoyens et consommateurs, les acteurs organisés des sociétés civiles recouvrent une réalité hétérogène, traversée de courants contradictoires voire conflictuels. Les associations de droits de l’homme, féministes, de consommateurs, les ONG, les syndicats, les organisations professionnelles, les communautés religieuses, animent l’espace public et y structurent de plus en plus les débats collectifs.

Avant la colonisation cette partie de l’Afrique du nord s’était divisée en aires culturelles et politiques différenciées à partir du XVII siècle. Pour chaque pays, les luttes anti coloniales ont été menées dans des contextes sociaux et politiques spécifiques. Depuis les indépendances, les constructions historiques des Etats du Maghreb suivent des dynamiques singulières. A plusieurs reprises des conflits armés ouverts ont failli dégénérer autour de la question Sahraouie ou autour du leadership maghrébin. Dans leur relation avec la société politique, les sociétés civiles de chacun des pays du Maghreb ont donc des préoccupations distinctes. Sur le plan du développement économique, chaque pays a suivi une trajectoire différente, mais toutes maintenant sont entrées dans un libéralisme imposé à marche forcée par les institutions financières internationales. Les espaces publics sont encore très verrouillés, selon des méthodes différentes par les pouvoirs publics. Dans tous ces pays, les frontières entre les intérêts politiques et économiques des décideurs deviennent de plus en plus floues et contraignent à des degrés divers le rôle des sociétés civiles.

Des contextes hétérogènes

Au Maroc, à la sortie des années de plomb, la place et le rôle de l’institution royale sont toujours des sujets très délicats à aborder dans l’espace public. Le Roi, commandeur des croyants, joue un rôle primordial dans le discours et la politique religieuse. La question Sahraouie fait l’objet d’un quasi consensus nationaliste ombrageux au sein de la société civile. Ces trois « vaches sacrées », le Roi, l’islam et les territoires sahariens limitent encore le débat public et cela malgré un renouveau associatif autour de la question des droits de l’homme qui a réussi à faire bouger les lignes sur les libertés publiques et l’égalité entre les femmes et les hommes. Une réelle culture associative se développe sur d’autres terrain comme l’environnement, l’économie sociale ou l’éducation même si des associations chapeautées et financées par une fondation royale tentent d’instrumentaliser la société civile. Le libéralisme économique, comme dans les autres pays du Maghreb, s’accompagne d’une corruption rampante, creuse les inégalités et accroît la grande pauvreté que les associations caritatives musulmanes prennent en charge.

La société civile tunisienne est confinée dans un espace public très contrôlé par un régime policier tatillon qui n’hésite pas à recourir à la violence pour éviter toute ouverture démocratique qui remettrait en cause les positions dominantes des affidés du pouvoir dans les affaires économiques. La lutte contre le terrorisme islamique est le prétexte d’une répression policière continue. Les rares libertés publiques sont menacées en permanence. Pourtant malgré ce cadre étroit, quelques acteurs combatifs arrivent encore à préserver des marges de manoeuvre face aux autorités. La réglementation sur le droit des femmes bien qu’incomplète, est la plus ouverte du Maghreb : dès l’indépendance de la Tunisie, le planning familial et l’interdiction de la polygamie ont été mis en place. Malgré l’existence d’un syndicat unique, au sein de la centrale (UGTT) une certaine diversité permet à quelques acteurs sociaux de négocier pied à pied avec les pouvoirs publics et le secteur économique. Les associations des droits de l’homme sont particulièrement visées par les autorités mais la solidarité du monde associatif et une relative pression internationale les protègent encore quoique difficilement. Le barreau tunisien a réussi jusqu’ici à garantir son indépendance malgré les tentatives du pouvoir. La question de l’expression politique des islamistes structure vivement les débats au sein des associations et partis de gauche forts d’une riche et ancienne histoire militante et qui tentent avec difficulté de trouver des convergences pour asseoir une démocratie pluraliste.

En Algérie une ouverture démocratique formelle donne aux acteurs de la société civile une certaine liberté de ton dans leur interpellation du pouvoir. Mais la longue présence au pouvoir d’un parti unique issu de la lutte armée a façonné une culture hiérarchique et une proximité avec les structures officielles qui entravent l’émergence de la pluralité associative. L’Algérie est le premier pays du Maghreb à avoir du faire face à un islam salafiste [3] remettant en cause politiquement les fondements laïques de la société. Développant une vision religieuse et régressive de la société, les islamistes salafistes y ont été proches de prendre le pouvoir par des élections qui ont été invalidées. Finalement, le blocage politique a entraîné le pays dans une guerre civile sanglante qui a renforcé la mainmise de l’appareil militaire et sécuritaire sur l’Etat et radicalisé à juste titre une partie de la société civile qui promeut une vision laïque de l’Etat. De nombreux militants démocrates et de l’égalité entre les femmes et les hommes ont payé de leur vie leur engagement. Contrairement au Maroc ou à la Tunisie où la faiblesse des richesses énergétiques a obligé les économies à se diversifier, l’économie algérienne est essentiellement concentrée sur le pétrole. Ce secteur demande des investissements lourds, gérés par un secteur industriel issu des grandes entreprises étatiques que les privatisations n’ont pas libéré des pratiques de gestion anciennes faites de corruption, de népotisme et de culture administrative.

La Mauritanie connaît depuis deux ans une belle ouverture démocratique, encore très fragile. A la suite d’un coup d’Etat, les militaires au pouvoir ont annoncé après une courte période de transition à la fois l’organisation d’élections transparentes et l’engagement qu’ils ne seraient pas candidats. Les deux promesses ont été tenues. Une certaine porosité existe au sein des grandes familles des élites Maures dont on retrouve des représentants aussi bien à la tête des institutions de l’Etat, que des grandes entreprises ou des réseaux associatifs. Aussi le concept analytique de société civile est probablement moins adapté pour la Mauritanie que pour les autres pays du Maghreb. Pourtant, à la charnière entre le monde arabo-berbère et l’Afrique noire, la Mauritanie est peu à peu entrain d’assumer et de regarder sa longue et douloureuse histoire de la domination sociale et politique des Maures sur les Noirs de la vallée du fleuve Sénégal ou ceux issus des anciennes familles d’esclaves. Cette histoire, qu’ils appellent le « passif humanitaire » est un enjeu important pour la réconciliation du pays avec lui même et est au cœur des débats qui animent les acteurs de la société civile. Depuis la fermeture des filières maghrébines, les côtes de Mauritanie et du Sénégal sont devenues les principaux lieux de départ des subsahariens pour l’Europe via les canaries. Devant la grave détérioration voire l’absence complète des politiques publiques dans les domaines sociaux, éducatifs, d’environnement ou de santé, on assiste à une véritable floraison associative. Un islam confrérique, inculturé, est largement dominant. Cet islam maraboutique doit faire face à l’émergence d’un islam salafiste qui n’est pas encore entré, de manière organisée et partisane dans le champ politique. L’économie du pays, essentiellement rurale, est fragile. La filière de la pêche artisanale qui fait vivre des milliers de famille est menacé par la grande pêche hauturière européenne qui appauvri dramatiquement les bancs de poisson.

L’histoire de la Libye depuis son indépendance n’a pas permis l’émergence d’une société civile indépendante, l’espace public est occupé par les organisations de l’Etat. Les Libyens sont les grands absents des débats qui traversent les sociétés civiles du Maghreb. Dans un contexte d’exode et de lutte pour son indépendance, on peut difficilement parler d’une société civile autonome des structures du Polisario au sein du peuple sahraoui. Pourtant une certaine vitalité associative voit le jour dans les domaines du développement. Plusieurs acteurs sociaux sahraouis ou des droits de l’homme voient dans la dynamique du Forum Social Maghrébin l’occasion de renouveler leurs débats politiques internes ensablés dans l’impasse du face à face avec le Maroc et sous la tutelle du gouvernement Algérien.

Des convergences de volontés

Une telle hétérogénéité des contextes et des parcours des sociétés civiles des pays du Maghreb pousserait à penser qu’une dynamique commune, propre aux acteurs sociaux de cette zone géopolitique et dépassant les situations locales, n’est pas pour demain. Le Maghreb est toutefois depuis l’antiquité une aire culturelle assez homogène. La solidarité du monde arabe avec la Palestine qui n’a jamais été le ciment assez fort des sociétés civiles pour aller au delà du nationalisme arabe et construire des luttes alternatives, reste encore une référence commune. Le Forum Social Maghrébin répond à un véritable besoin et cela pour deux raisons. D’une part, si des structures communes aux sociétés civiles du Maghreb ont été créées dès les indépendances et si les associations, les ONG, les syndicats, les barreaux, ont monté depuis longtemps leurs réseaux et leurs faîtières au niveau régional, ces structures étaient d’abord pour leurs membres des lieux d’échanges sur leurs préoccupations avant d’être des plates formes d’actions communes. Le processus du Forum Social Maghrébin arrive au moment où les acteurs anciens des sociétés civiles réalisent que le cadre étroit des Etats et de leurs nationalismes à la vue courte ne permettent plus d’appréhender des problèmes qui se posent à l’échelle du Maghreb. D’autre part, les réseaux associatifs des diasporas maghrébines en Europe sont depuis longtemps des acteurs sociaux importants dans les luttes sociales et politiques des pays d’accueil. Ils ont développé une réelle culture militante dans des contextes d’Etats de droit sécularisés et ont très vite vu dans le processus du Forum Social Mondial ou Européen un moyen utile de prolonger leur action. Ils ont su convaincre les acteurs de leurs pays d’origine qu’il fallait dépasser leurs modes d’action habituels et décloisonner leurs luttes qui sont toutes liées entre elles dans le cadre de la mondialisation : les questions de la démocratie, des inégalités sociales, économiques et environnementales, de la laïcité, de la place du religieux, de l’égalité entre les femmes et les hommes, des libertés publiques, sont les facettes d’une même préoccupation démocratique qui se pose à l’échelle de la planète par tous les acteurs des sociétés civiles. Plus particulièrement au Maghreb, il doivent faire face à la privatisation de l’Etat, quand ce n’est pas son informalisation, de la part d’élites étroites qui ont mis la main sur les prébendes étatiques : la belle famille du président en Tunisie, l’appareil militaro sécuritaire en Algérie et les profiteurs du Makhzen au Maroc. Les contextes historiques et culturels doivent être nécessairement pris en compte mais un changement d’échelle s’impose.

La place du religieux dans la société est devenu la question centrale dans les débats des sociétés civiles maghrébines en ce sens qu’ elle concentre à la fois les questions identitaires, celles de l’égalité entre les femmes et les hommes, de citoyenneté, de rôle de l’Etat et qu’elle est en même temps la conséquence directe des grands rapports de force économiques et géo politiques du monde contemporain autour du problème énergétique. Ce n’est pas, tout d’un coup, l’expression contemporaine de l’émergence collective d’un besoin de spiritualité ou de réenchantement du monde, mais il se trouve qu’historiquement une lecture particulièrement régressive de l’islam s’est développée dans des pays dotés d’immenses richesses énergétiques. L’Arabie Saoudite et les émirats arabes ont les moyens financiers et politiques pour soutenir et développer leur vision antihumaniste du religieux dans le monde musulman sunnite. L’islam est la culture commune à tous les pays du sud et de l’est de la Méditerranée. Dans ce contexte le salafisme a su facilement proposer une réponse identitaire à la mondialisation, assimilée à la domination économique et politique de l’ancien colonisateur ou de l’Occident et qui s’est traduit dans les pays arabes par l’échec total du nationalisme arabe, le creusement des inégalités économiques et les régimes autoritaires. La modernité, renvoyée à l’Occident et ressentie comme allogène à la culture locale, est remise en cause à l’aune de la tradition. Al Qaïda qui a donné son label aux terroristes algériens se développe sur ce terreau. A l’inverse, en Europe et en Amérique, les tenants d’une guerre des civilisations, certains pouvoirs publics et une partie de l’intelligentsia, n’hésitent pas à enfermer dans une essence religieuse tous les citoyens des pays arabes. Sur ce terreau les associations islamistes ont su et ont eu les moyens de prendre en charge les besoins identitaires, sociaux, économiques, consuméristes et politiques de pans entiers de la population exclus du développement économique et de la modernité. Les anciennes organisations sécularisées des sociétés civiles du Maghreb ont été dépassées par ce mouvement de fond et ne savent plus y répondre. Elles savent très bien que leurs Etats et les partis politiques traditionnels, dans une recherche d’équilibre avec ces forces sociales, apportent des réponses ambiguës à l’expression politique des islamistes. D’autre part, elles se rendent compte que les besoins consuméristes et de développement économique sont solubles dans l’islam. Leur marge de manœuvre est donc très réduite pour proposer en même temps d’un côté la modernité, c’est à dire une vision de la société promouvant les libertés publiques, la démocratie pluraliste, l’égalité de toutes et tous devant la loi, dans le respect des convictions religieuses individuelles et d’un autre côté la lutte contre les inégalités économiques et sociales résultat des politiques économiques dominantes et de la mondialisation. Elles doivent apporter une réponse, avec leur spécificité, à ce que le Tunisien Hamadi Redissi appelle les exceptions islamiques [4].

Si elles veulent reprendre la main dans les grands débats de société ces organisations sécularisées du Maghreb ont compris qu’elles devaient se regrouper, revoir leurs méthodes et trouver une expression politique à leur projet de société. Cette dernière piste relève de l’action politique classique au travers de la construction de partis puissants regroupant les vieilles mosquées marxistes, les mouvements sociaux et les organisations démocratiques en mettant en commun leur vision humaniste de la société et keynésienne de la régulation économique. La question de la nature et la méthode de leurs relations politiques avec les organisations confessionnelles devra être clarifiée. Un long chemin les attend. En revanche la question du regroupement de leurs forces et du changement de méthode relève bien de la dynamique du Forum Social qui permet l’échange des expériences et surtout la construction d ‘actions alternatives communes.

La tenue du premier Forum Social Maghrébin en Mauritanie permettra en outre d’enrichir ces débats fondamentaux par des éclairages originaux et des thématiques nouvelles. L’histoire des relations entre l’Afrique du nord et l’Afrique subsaharienne est d’abord l’histoire d’une domination du nord sur le sud. L’esclavage transsaharien a précédé de plusieurs siècles la traite atlantique. Les sociétés civiles d’Afrique du Nord, traditionnellement orientées vers celles d’Europe doivent apprendre à regarder celles du sud avec des références nouvelles. Les migrations contemporaines ne font pas des pays du Maghreb de simples pays de transit où les migrants doivent faire face à l’arbitraire et à la brutalité policière, voire à un racisme diffus, mais aussi des pays d’installation. Comme on l’a vu à Bamako ou à Nairobi lors des éditions du Forum Social Mondial, la question sahraouie peut à tout moment faire éclater le processus maghrébin. A Nouakchott le terrain sera plus neutre pour aborder ce sujet avec les militants marocains. La question de l’identité berbère existe aussi en Mauritanie mais se pose dans des termes inverses qu’à ceux du nord du Maghreb. Les accords déséquilibrés de coopération et de partenariat avec l’Union Européenne ont des conséquences sociales plus immédiatement visibles en Mauritanie que dans d’autres pays. Enfin, l’influence du fondamentalisme salafiste sur l’islam noir prend des formes sociales et culturelles différentes que dans le reste du Maghreb.

Tous ces sujets, délicats, sensibles, sont les défis que doivent relever les organisations des sociétés civiles du Maghreb dans leur revendication à comprendre et participer au réel, en un mot la démocratie.

[1Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie

[2Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie

[3Salafisme : lecture littérale du Coran. Ancienne école de pensée musulmane et développée en Arabie au XVIIIe siècle par Ibn el Wahab (Wahhabisme) et qui a servi de fondement politico-religieux à la monarchie saoudienne.

[4L’exception islamique. Hamadi Redissi. Ceres éditions Tunis 2005 Collection D’islam et d’ailleurs