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« La voix des Rroms : la lutte contre les discriminations par l’affirmation d’une identité positive », entretien avec Saimir Mile

Pierre Eloy: Doctorant, Université de Paris 1.

Entretien avec Saimir Mile, l’un des fondateurs de La voix des Rroms, association créée en 2005. Originaire d’Albanie, il milite pour la défense des droits des populations rrom et contre les différentes formes de stigmatisation et de discrimination à leur encontre.

Pourriez-vous revenir en quelques mots sur la création de l’association La voix des Rroms ?

« La voix des Rroms » a été créée en 2005 et je suis l’un des fondateurs. Au printemps 2005, avec quelques amis rroms à Paris, nous avons décidé de créer cette association que l’on a appelée La voix des Rroms, car il y avait un besoin important d’occuper l’espace public sur ces questions, et dans le but de parler de l’intérieur. Aujourd’hui, cela fait 10 ans que cette association existe et il y a eu une évolution dans nos activités et nos priorités. Au début nous étions un peu naïfs et nous croyions que le racisme pouvait se combattre à coups d’information, de sensibilisation et d’actions qui viennent contrecarrer des préjugés. Mais au fil du temps, nous nous sommes rendus compte que malheureusement ce racisme là ne représente qu’une infime partie de l’ensemble, et peut-être pas la plus nuisible. Nous avons donc décidé de redéfinir nos priorités et de reconstruire notre discours : nous ne sommes donc plus dans une démarche de demande de reconnaissance : nous ne demandons plus une place dans l’espace public, nous l’occupons !

La spécificité de La voix des Rroms : entre affirmation minoritaire et lutte contre les discriminations

Existait-il à l’époque d’autres structures comme la vôtre ? Quel est rôle joué par la Fnasat en France sur ces questions ?

Non, à l’époque il n’y avait aucune structure comme la nôtre, c’est-à-dire à la fois d’initiative rrom et de portée généraliste. La Fnasat est une fédération d’associations à vocation sociale et ne se prétend pas porte-parole de qui que ce soit. De même, 10 ans plus tard, il n’y a pas d’autres associations qui interviennent dans le même champ que La voix des Rroms.

Comment expliquer cette spécificité ? La voix des Rroms n’est certainement pas la seule association rrom en France. Ce qui fait notre particularité est la manière dont nous agissons et le type d’actions que nous menons. Avant la création de La voix des Rroms, j’étais impliqué dans d’autres associations, telles que Romani Baxt, par exemple, association peu connue. J’expliquerais notre particularité par le fait que dans la culture française, il n’y a pas de place pour les affirmations et les revendications minoritaires. La France, qui est une ancienne puissance coloniale, reste aujourd’hui fortement marquée par cet esprit. Une forme de « colonialisme interne » régit les rapports avec les populations minoritaires, post-coloniales, mais pas seulement. Ceci est visible également dans la manière dont sont revendiquées les identités régionales.

Je prendrais un exemple, celui de la langue. La manière d’affirmer notre identité linguistique est très importante pour nous, car la langue est au centre de l’identité rromani. Mais les panneaux de signalisation en langue rromani – ce qui est prévu par exemple pour les langues minoritaires régionales, le basque ou le breton – cela ne nous intéresse pas ! Nous estimons que la première fonction d’une langue n’est pas de véhiculer des messages d’ordre organisationnel ou administratif, de signalisation routière. Les Rroms en France, et en Europe de manière plus générale, ont été une population « colonisée », dominée, depuis leur arrivée et continuent à l’être aujourd’hui. Ils sont sujets à une forme particulière de domination, car ils sont dans un pays qui est le leur et leur appartient tout autant qu’autres. C’est donc une forme de domination qui s’exprime différemment des colonisations menées en Algérie ou ailleurs. Mais c’est une population qui est toujours considérée comme illégitime dans un pays qui se considère universaliste, égalitaire, etc. … et qui est surtout de fait assimilateur et uniformisant. Ce point de vue est en partie intégré par les populations locales, qui ne cherchent pas à se dire Rroms, restent attachées à une identification nationale, y compris dans les définitions administratives et bureaucratiques qu’elle propose des identités culturelles et minoritaires. Elles ont adopté en cela le point de vue national et dominant.

Quel est alors votre définition du terme et de l’identité rrom ?

J’inclus dans cette appellation toutes les populations rroms, et pas seulement les personnes qui viennent d’Europe de l’Est et échouent dans les bidonvilles. Cependant, nous ne prétendons pas porter la voix de tous les individus à l’intérieur de ces populations rromani. Le discours que je porte n’est que celui du président d’une association. Au-delà de ce rôle, c’est aussi le point de vue d’un observateur.

L’organisation et l’histoire de la nation française que j’évoquais à l’instant font que souvent les groupes minoritaires rromani ne sont pas à même de se rattacher à des identités plus englobantes, mais bien plus à des identités locales. Mon approche de l’identité n’est pas la même. Je comprends ce processus qui permet de se rattacher à des identités singulières, plus locales, et je le respecte parfaitement, car l’identification et l’appartenance ne se postulent pas.

Mais notre démarche est différente : notre définition a pour volonté d’englober l’ensemble de ces populations afin de dévier et de corriger l’image négative actuelle des « Roms ». Quelles que soient leur appartenance et situation nationale, ils sont sujets à la stigmatisation, à la discrimination, au déni. Nous estimons à plus d’un demi-million le nombre de Rroms en France, le Conseil de l’Europe à 500 000, depuis les années 1990… la population a forcément augmenté. Il est donc important de prendre en compte l’ensemble de cette population, plutôt que les 20 000 personnes récemment arrivées et qui, sans être toutes d’identité rromani, sont appelés « roms » par les médias, les politiques ou d’autres acteurs sociaux.

Ces dernières ne s’identifient pas toutes comme Rroms, et le fait de mettre cette étiquette « rom » sur une réalité sociale particulière, c’est-à-dire une population souffrant de la précarité et de la stigmatisation, a des conséquences en retour sur l’ensemble des populations. Des Rroms « ethniques » qui ne sont pas dans une telle situation d’exclusion, non reconnus par ailleurs dans leur identité culturelle ou linguistique, ne souhaitent pas être associés à cette image et parfois se soucient beaucoup de marquer leurs distances avec elle. Quitte à tomber parfois malheureusement dans le racisme.

Pouvez-vous évoquer avec nous votre parcours personnel, et la façon dont vous avez été sensibilisé à ces questions ?

Je suis originaire d’Albanie et je suis arrivé en France à l’âge de 21 ans, en 1996, à l’époque où tout le monde souhaitait partir, fuir après la disparition du rideau de fer.

A la fin des années 1990, de nombreuses associations ont été créées en Albanie dont certaines pour et par les Rroms. Je participais déjà aux activités d’une association, Rromani Baxt, qui était en partenariat avec le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement). Cette association avait financé une école à Tirana dans un quartier rrom, avec des cours de langue rromani pour les enfants, et elle avait également accordé trois bourses d’études. C’est par le biais de ce projet que je suis venu étudier en France.

De 1998 à 2000, après les conflits en ex-Yougoslavie, les réfugiés du Kosovo et de Bosnie ont afflué. Et on aidait les réfugiés dans le cadre de deux associations rroms. Ils venaient en France à travers leur réseau de connaissances. L’idée de créer La voix des Rroms, quelques années plus tard, n’est pas née de mon propre chef. C’est lors d’une discussion que l’idée est venue, en se basant sur le constat qu’il n’y avait pas d’association rrom généraliste en France.

L’objectif de La voix des Rroms est de faire le lien entre les personnes, l’aspect culturel et l’aspect politique. Notre approche de l’identité repose sur une conception progressiste qui tient compte de sa dimension subjective et des définitions multiples et s’inscrit dans une lutte pour les droits civiques et pour l’égalité.

La création de La voix des Rroms dans le paysage associatif français

Dès les années 1998 à 1999, j’étais dans les équipes de bénévoles de Médecins du Monde pour faire de la traduction en lien aussi avec l’enquête sociale qu’ils menaient à l’époque. Cette enquête faisait partie d’un projet européen qui a été à l’origine de la création du collectif Romeurope et qui a donné lieu à un rapport. J’étais partie prenante de ce mouvement. Puis, en février 2005, suite à une émission diffusée sur France 5, intitulée : « Délinquance : la route des Roms », nous avons voulu porter plainte. Les associations dont je faisais partie à l’époque, comme Rromani Baxt, ne pouvaient pas se constituer partie civile, car ce n’était pas expressément prévu dans leur statuts, les plaintes n’étaient pas recevables. La voix des Rroms a été créée en mars 2005 en tant qu’organisation capable de se mobiliser précisément sur ce type de causes et d’enjeux.

La voix des Rroms est donc dans une démarche sociale et politique qui se veut plus large et l’on conçoit les sujets relatifs aux Rroms de deux manières : premièrement, dans un contexte français, qui est celui de l’existence d’autres groupes minorisés ; deuxièmement, les Rroms ne doivent pas être associés aux bidonvilles. Cela n’a pas été toujours clair pour tous les collectifs et associations militant sur ces questions. En effet, les personnes dont ils s’occupent, sont exclues pour une raison qui n’a rien à voir avec le fait d’être Rrom, mais avec la manière dont est construite socialement et politiquement la catégorie de « rom ».

Notre action peut être résumée en deux mots : boycott et renouveau. Le 8 avril, par exemple, Journée internationale des Rroms, était une date parfaitement inconnue en France. La voix des Rroms l’a célébrée pour la première fois en 2005 au CICP (Centre International de Culture Populaire). Cela a pris de l’ampleur à partir de 2008, avec une semaine d’évènements culturels rromani autour du 8 avril, avec des invités comme Tony Gatlif, et aussi des débats, des conférences… Et puis le 8 Avril 2010, il s’est tenu un sommet européen sur les « Roms » à Cordoue, en Espagne, où nous avons été traités à nouveau comme un « problème ». C’est la souillure d’un symbole, car le 8 avril est l’anniversaire du premier Congrès international rrom qui se tint près de Londres en 1971. Ce jour est donc synonyme pour nous du mouvement d’émancipation rromani.

La voix des Rroms revendique cet esprit du Congrès de 1971, c’est-à-dire l’affirmation de soi-même, par soi-même, dans ce monde qui nous appartient autant qu’aux autres.

Lors de ce Congrès, le nom Rrom, endonyme de l’un des différents sous-groupes, a été choisi pour englober l’ensemble des populations : les Rroms, les Sinté (Manouches) et les Kalé (Gitans). Ces trois identités particulières ont été formées en rapport avec les lieux où chacun de ces groupes a évolué. Les Rroms, dont l’identité a été forgée en Europe de l’Est jusqu’au 19ème siècle, avant que certains d’entre eux ne se déplacent à l’Ouest, sont les plus nombreux. Est-ce que c’est ça qui a influencé le choix d’un terme générique ? Je ne le sais pas… En tout les cas, sur les 12 millions de Rroms que compte le continent européen, je ne pense pas qu’il y en ait plus que quelques milliers qui connaissent l’existence de cette décision ! Ils s’appelaient « Rroms » bien avant et continuent de s’appeler ainsi aujourd’hui.

La médiation : un outil d’intervention pertinent en France ?

Quel lien entretient La voix des Rroms avec les institutions européennes, telles que le Conseil de l’Europe ou la Commission européenne ?

A titre personnel, je suis formateur de médiateurs dans le cadre du programme ROMED [1], c’est un acronyme pour Rom et médiation.

L’objectif de ROMED, programme impulsé par le Conseil de l’Europe en 2011, était de former 1000 formateurs dans plusieurs pays pour faire le lien entre les Roms et les autorités, institutions locales dans l’accès aux droits. Cela fait suite à un engagement de la Commission Européenne avec le Conseil de l’Europe qui organise ces formations. J’ai suivi la formation de formateur et j’ai été pressenti pour le pôle de formation dans les zones du Kosovo et en Albanie, et finalement j’ai été amené à intervenir en France.

Les deux sessions de formation se sont déroulées l’année dernière, en 2014, avec une quinzaine de personnes. Le profil des personnes certifiées est varié : Roumains, Bulgares, Français. La médiation repose sur une logique théorique de neutralité qui n’a rien à voir avec l’empowerment. Pour cela, le Conseil a un autre programme : ROMACT qui œuvre pour l’organisation communautaire.

Que pensez-vous de l’intérêt de ces outils ?

Dans la formation de médiateur, nous insistons bien sur cette logique de neutralité. Nous expliquons qu’en théorie, si une partie est alliée à une autre, cela peut poser problème. Le médiateur ne doit pas être ni un cheval de Troie pour les autorités, ni un porte-parole ou un leader du groupe. Cependant, dans les faits, la neutralité n’est pas toujours possible !

La médiation consiste à rapprocher deux parties en raison d’une mauvaise compréhension, afin de trouver une issue à un problème donné. Or nous ne sommes pas dans cette situation. Si la solution n’est pas trouvée, c’est à cause de problèmes systémiques, dont la solution n’est pas du ressort de la médiation.

En plus de ce projet de médiation, l’association a été amenée à travailler sur un projet de monitoring de la mise en œuvre de la « Stratégie nationale d’intégration des Roms » que la France a élaborée à la demande de la Commission Européenne en 2011 [2]. Comme il n’y a pas de stratégie clairement identifiée, notre rapport rend compte surtout des pratiques observées, à la lumière de cadres réglementaires mouvants (Stratégie nationale de 2011, circulaire sur les campements illicites d’août 2012).

En 2009, lors d’un entretien personnel avec un représentant de la Commission, celui-ci m’a assuré qu’il n’y aurait pas de « stratégie européenne » sur les Rroms. Or, un peu plus d’un an après, en Avril 2011, la Commission a demandé aux Etats membres d’adopter des stratégies nationales pour l’intégration des Roms. A mon avis, ce changement de position de la part de la Commission fut en partie dû au conflit qui a opposé Nicolas Sarkozy et Viviane Reding en 2010. Un arbitrage de la part du Président, José Manuel Barroso, est intervenu et le résultat en est aujourd’hui double : le Cadre européen pour les stratégies nationales d’inclusion, d’une part, par la Commission Européenne et le programme ROMED par le Conseil de l’Europe, d’autre part.

La stratégie française de 2011 englobe les Roms et les Gens du voyage. Suite aux élections de 2012, on s’est aperçu assez rapidement que le gouvernement socialiste pratiquait la même politique d’expulsion que l’ancien gouvernement. A ce moment-là, Viviane Reding a menacé à nouveau la France d’une procédure d’infraction [3]. Le gouvernement a déclaré revoir la stratégie. Nous avons posé la question et il nous a été répondu que la nouvelle stratégie distinguera Roms et Gens du voyage.

Au final, il n’y a pas eu de nouvelle stratégie et la DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement) a déclaré que la circulaire du 26 Août 2012 tenait lieu de circulaire pour les Roms, et que pour les Gens du voyage seul le droit commun s’appliquait.

Dans La voix des Rroms, Rroms est écrit avec deux R. Est-ce que vous pouvez clarifier ces graphies et leurs usages ?

Si les Roms sont considérés comme un corps étranger, c’est la désignation par le pouvoir, donc c’est « rom ». Il s’agit là du rom « sociologique », produit de l’exclusion par une société qui stigmatise. Je n’en suis pas et les quelques 500.000 Rroms en France, n’en sont pas non plus. La graphie ancienne et traditionnelle prend deux « r », c’est notre endonyme « Rroms », et c’est l’orthographe correcte en langue rromani. En 1971, le terme rrom choisi est un endonyme, et le mot n’a été que très récemment emprunté par la langue française où il n’était pas en usage il y a 25 ans, par exemple. Par convention, les emprunts conservent l’écriture originale et il n’y a pas de raison à ce que la règle ne s’applique pas en l’espèce. J’ai enseigné à l’INALCO et rom avec un r constitue une faute. Nous n’avons pas d’Académie rrom pour imposer quoique ce soit, comme l’Académie française pour la langue française, mais en retour, nous imposer la manière d’écrire notre nom serait un comble !

Les deux « r » sont donc d’usage lorsqu’il s’agit de l’endonyme, et une seule « r », lorsqu’il s’agit d’une catégorie sociale, créée par le regard extérieur et le discours dominant. La catégorie « Roms migrants » peut être définie aujourd’hui comme le pendant de celle des « gens du voyage ». La différence dans les stratégies de labellisation réside dans le fait que l’étiquette « gens du voyage » ne recouvre pas en effet une désignation ethnique directe, alors que « Roms migrants » est une étiquette directement ethnique pour une catégorie sociologique.

Depuis 2005, quel bilan donc pour l’association ?

Aujourd’hui il y a une voix rrom en France, celle qui est portée par l’association. Pendant quelques années, elle s’exprimait là où on lui laissait un espace, mais nous avons remarqué que cet espace-là n’était pas forcément adapté. En effet, les médias ont pris l’habitude de nous solliciter surtout pour réagir, mais pas assez pour nous exprimer de manière proactive et indépendante. Par conséquent, nous avons développé nos propres canaux de communication et d’interaction, notamment à travers internet, mais aussi par le biais d’une émission radio mensuelle. De cette manière, nous nous posons comme acteurs et non pas comme de simples objets.

« Il » y a un an, suite à un voyage en Pologne dans les camps de concentration autour du thème du génocide, l’association a publié un recueil de textes et de réflexions : Avava-Ovava, ce qui signifie « venant nous serons » [4]. Cela souligne les notions de permanence et de continuité. L’idée sous-jacente est de montrer que nous sommes un peuple qui a résisté et qui continuera à résister, et qui existera encore longtemps.

Propos recueillis par Pierre Eloy en Avril 2015.

[2Pour encourager et renforcer les politiques nationales d’intégration, la Commission Européenne a adopté, en 2011, un Cadre européen pour les stratégies nationales d’intégration des Roms et a fourni à chaque Etat membre des recommandations spécifiques quant à l’intégration des Roms, dans quatre domaines : l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé et au logement. Ce cadre a ensuite permis d’évaluer les stratégies nationales. Cf. Cadre européen pour les stratégies nationales d’intégration des Roms : http://ec.europa.eu/justice/discrimination/files/com2012_226_fr.pdf

[3Voir la tribune de Viviane Reding, « L’intégration des Roms mise à l’épreuve », Libération, 15 Août, 2012. http://www.liberation.fr/societe/2012/08/15/l-integration-des-roms-mise-a-l-epreuve_839918.

[4Pierre Chopinaud, Anina Ciuciu, Lise Foisneau, Valentin Merlin, Saimir Mile, Avava-Ovava, Editions Al Dante et La voix des Rroms, 2014. Consulter le site internet de « La voix des Rroms » : http://rroms.blogspot.fr/