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La vérité sur l’attentat contre Jean-Paul II

Roumiana Ougartchinska, La vérité sur l’attentat contre Jean-Paul II, Presses de la Renaissance, Paris, 2007, 371 p., 22 €

Roumiana Ougartchinska est une journaliste d’investigation d’origine bulgare. Nous avions déjà présenté il y a deux ans son précédent livre sur la pénétration des services secrets de l’Europe de l’Est en Europe occidentale. Aujourd’hui elle reprend l’enquête sur la tentative d’attentat du Turc Ali Agca contre le pape Jean-Paul II.

Officiellement, il s’agit d’une manipulation du KGB avec l’aide des services secrets bulgares pour éliminer en mai 1981 ce pape polonais ouvertement anticommuniste. Le bras armé de ce machiavélique complot est un fasciste turc membre de l’organisation historiquement pro-nazie : les Loups Gris. L’opinion publique internationale a accepté et validé cette interprétation de l’affaire.

L’auteur, avec patience et minutie et grâce aux vingt-cinq ans qui nous sépare du crime, a pu démêler cet écheveau complexe. La prétendue « filière bulgare » est en réalité un montage de la CIA. Ali Agca est un des principaux tueurs des Loups Gris turcs, organisation liée à la mafia de la drogue turque et du MIT, les services secrets d’Ankara. Ces Loups Gris sont manipulés par le réseau Gladio. Ce réseau a été mis en place par les services secrets militaires américains au début de la guerre froide en 1946-47, pour contrer l’influence communiste en Méditerranée : Turquie, Grèce, Italie, France.

Jean-Paul II souhaitait ouvertement la chute du communisme en Europe orientale et, comme la CIA, soutenait Solidarnosc. Mais le successeur de Pierre au trône de Rome est comme tous les papes : rusé et madré. Et il ne souhaite pas voir le sang couler dans son pays d’origine comme en 1956 et 1970. Il décide donc de pratiquer une Öst politique et par ailleurs nettoie les finances du Vatican gangrenées par les pratiques mafieuses de l’archevêque américain Marcinkus. Cela ne convient plus à Washington qui décide alors de se débarrasser du pape pour en faire un martyr, espérant une révolte violente en Pologne, ouvrant un deuxième front après l’Afghanistan.