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And Patrick Habis

La mer blanche du milieu

Elisabeth Higonnet-Dugua, Racine, Séguier, 2001, 245 p.

La famille d’Hélène vit en Algérie depuis cent trente-deux ans. Arrive l’indépendance, en 1962 ; c’est « l’exode ». Le récit s’organise à partir d’un aller-retour : Algérie/France, Évreux plus précisément, de 1963 à 1980, Lyon 1962, Aix-en- Provence, 1997 (Hélène et ses enfants font le voyage de Boston jusqu’à la Provence). Le grand-père, qui parlait arabe, détruit son établi à coups de hache, avant de quitter sa maison, sa ville, son pays. Le lecteur, en même temps que la jeune Hélène vit entre les airs de l’opéra italien, la méfiance des voisins menacés par l’OAS (les Français d’Algérie ne doivent pas quitter le pays), l’amitié du docteur Saïd, un militant nationaliste, la peur des bombes et des attentats… Elle ne comprend pas les recommandations de l’institutrice de Bône : « Surtout, faites bien attention à ne pas parler avec l’accent d’Algérie… Je ne veux pas que l’on se moque de vous ». On entend l’histoire de Marcelle : son mari assassiné par le FLN, elle-même emprisonnée, battue, violée… en octobre 1962, par des Algériens en uniforme. Libérée (elle ne saura jamais pourquoi) par un officier algérien, elle retrouve ses enfants à Paris, où elle n’a plus à « craindre les bombes ». Hélène découvre en France qu’elle est « piednoir  » qualificatif effrayant, infamant… « Je suis française : double trahison, car il faut affirmer que l’on n’est pas arabe. C’est Zohra que je trahis ». Zohra, l’amie algérienne qu’elle préfère à Béatrice, l’amie de France. Hélène a trouvé un pays tiers, l’Amérique.