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La République de Macédoine. Nouvelle venue dans le concert européen

Chritophe Chiclet et B. Lorv, La République de Macédoine. Nouvelle venue dans le concert européen, Sous la direction de C. Chiclet et B. Lorv, Editions L’Harmattan. (Les Cahiers de Confluences). Paris. 1998. 190 p.

Enfin, le premier livre en français sur la République de Macédoine. Ces dernières années, on a beaucoup parlé d’elle, on s’est très peu penché sérieusement sur son cas. Cet ouvrage collectif tente de combler cette lacune. Pour le public occidental, le nom de Macédoine évoque seulement l’immense empire d’Alexandre. L’éclatement de la Yougoslavie aidant, ce même public a enfin réalisé que la Macédoine est aussi la région la plus méridionale de l’ex-Yougoslavie ; qu’elle a, dès son indépendance en 1991. un différend avec la Grèce qui lui a valu un trop long processus de reconnaissance au sein de la Communauté internationale et le nom provisoire, absurde s’il en est, de “ ex- République yougoslave de Macédoine ” ; qu’elle abrite une importante minorité albanaise risquant de s’embraser à tout moment, à l’instar de ses cousins du Kosovo. Bref, ce petit bout de terre dans le cône sud des Balkans qui, entouré de voisins hostiles et à deux pas des champs de batailles, a réussi pendant toutes ces années de trouble, à maintenir la paix, est aujourd’hui plus que menacé. C’est donc dans un contexte politique des plus épineux que sort ce livre, comme une première tentative de débroussailler le terrain et d’élucider ce que certains considère comme l’imbroglio macédonien. En fait, les choses ne sont pas si compliquées qu’elles ne paraissent parfois sur les écrans de télévision. La question centrale posée dans ce livre est celle de l’identité. La première partie “ L’identité politique macédonienne ”, s’ouvre sur une étude de Bernard Lory allant de l’identité territoriale à l’identité culturelle, en passant par les destins divergents des trois Macédoines (Vardar, Pirin, Egée). L’histoire, la langue, la religion, la diaspora, la démographie. Trois autres articles de cette partie retiendront l’attention du lecteur. “ Pourquoi la Grèce a peur de la Macédoine ”, où Christophe Chiclet évoque les raisons avouées de cette peur : le nom, le drapeau, la constitution,…, mais aussi les raisons inavouées sur le complexe national des Grecs. Un autre article intéressant est consacré aux Roms, où Alain Reyniers se penche sur leur place dans la vie du pays. Enfin, le chapitre “ Les Albanais de Macédoine : perspectives et limites d’une double identité ” ne manque pas d’attirer la curiosité, actualité oblige. La deuxième partie du livre, consacré à l’identité culturelle de la Macédoine, regroupe des articles écrits par des chercheurs macédoniens, sur le folklore, la peinture médiévale, l’archéologie et la langue des “ Macédoniens antiques ”. Sans prétendre à l’exhaustivité, ce livre a le mérite de donner une image globale du pays, en confrontant des points de vue différents, voir divergents. Ses annexes y apportent de précieuses informations sur l’histoire de la République, sa démographie, ses instances dirigeantes, ses partis politiques.