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And Patrick Habis

La Guerre d’Algérie vue par l’ALN 1954-1962. L’armée française sous le regard des combattants algériens

Dalila AÏT-EL-DJOUDI, La Guerre d’Algérie vue par l’ALN 1954-1962. L’armée française sous le regard des combattants algériens, Autrement, coll. Mémoires/Histoire n° 128, Paris, 2007, 243 p.

Voici un livre dont le titre et le sous-titre expriment bien son objet : il y est bien question, en effet, de l’appréhension par les combattants de l’Armée de Libération nationale algérienne, pendant la guerre franco-algérienne de 1954 à 1962, de l’appareil militaire français ennemi, mais aussi des humains qu’il recelait. En vérité, le livre pourrait sans inconvénients porter un titre plus ample : en effet, Dalila Aït- El-Djoudi, pour traiter son sujet, a aussi dû consulter des documents faisant état des perceptions françaises de l’adversaire algérien, lesquelles lui permettent, en consécution, de voir comment, en réaction (en miroir ?), les maquisards de l’ALN réagirent à leurs manières de voir et de les percevoir. On a donc un aller-retour incessant entre les hommes de l’armée de reconquête coloniale et les hommes de l’armée de libération nationale, qu’elle a étudiés principalement en wilâya 3 (Kabylie).

Pour en revenir au vif du sujet, Dalila Aït-El-Djoudi a, sous la houlette de son directeur de recherche Jean-Charles Jauffret, fondé sa minutieuse enquête sur des documents écrits, français principalement (conservés surtout à l’ex-Shat) [1] , quelques uns, plus rares, issus de fonds d’archives algériens, et aussi sur des entretiens avec des maquisards et autres acteurs du conflit – dont certains sont des proches de l’auteure. Pour autant, elle ne se départit jamais de sa nécessaire posture distanciée. C’est en historienne vraie qu’elle met en intrigue ces soldats algériens de la liberté prêts à se sacrifier pour un avenir meilleur. Cela même si l’approche synthétique retenue ne permet pas toujours avec une impeccable limpidité de percevoir les évolutions et les différences d’une période à l’autre de la guerre.

Dans un temps, les Algériens de l’ALN jugèrent à l’emporte-pièce l’armée du colonialisme oppresseur qui renvoyait à tant de traumatismes ; dans un autre temps, ils parvinrent à faire la part du feu en voyant, aussi, dans les troufions ennemis, le