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And Patrick Habis

L’indigène aux semelles de vent

Nina Hayat, Editions Tirésias, 2001, 161 p.

À travers le portrait de son père, Mohamed Belhalfaoui, « Indigène algérien musulman non naturalisé français » (IAMNNF), Nina Hayat écrit le portrait d’une certaine Algérie, depuis la naissance de son père dans le Village Nègre de Sidi-Bel-Abbès, dans une famille de lettrés en 1913, jusqu’à sa mort en 1993, Algérie coloniale dont il est, comme d’autres hommes de sa génération, le produit. Élève doué de l’école française et de l’école coranique puis de la médersa, parfait bilingue, épris de liberté et de justice, il sera militant nationaliste et rayé de l’Éducation nationale pour son combat. Malgré les tourments de la guerre de libération, les incarcérations, l’exil en Allemagne de l’Est, jamais il ne renoncera à ses passions. Outre l’enseignement du français et de l’arabe, son goût pour le théâtre ne se démentira pas. Il traduit des pièces de Molière et de Brecht en arabe (Don Juan est joué à l’opéra d’Alger), il recueille des contes et des chants populaires. Il publie Poésie arabe maghrébine d’expression populaire en 1973 (les Éditions Tirésias le rééditeront bientôt). Ses enfants suivent ses traces et Nina Hayat, en particulier, qui rend à son père et à l’Algérie un hommage chaleureux et généreux.