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And Patrick Habis

L’Union pour la Méditerranée. Origines et perspectives d’un processus

Giovanni Dotoli, L’Union pour la Méditerranée. Origines et perspectives d’un processus, Préface de Salah Stétié, Éditions du Cygne, Paris, 2010, 240 p

Professeur de Langue et Littérature Françaises à l’Université de Bari, Giovanni Dotoli a été Secrétaire général de la Communauté des Universités méditerranéennes, dont il est un des cofondateurs. En 2000, il a été Grand Prix de l’Académie française. Ce scientifique rigoureux est aussi un militant actif de notre « Mer-mère », expression qui lui est chère. Dans le premier chapitre, « Les Frontières de la Méditerranée et de l’Europe », il traite des problèmes de base : les hommes, l’économie, la religion, la politique, la modernité, identité ou fractures. Il retrace aussi comme dans les deux suivants, « L’oeil méditerranéen de l’Europe » et « Éloge de la Méditerranée », son évolution et les multiples apports de ses civilisations, en dépit des guerres et des périodes de déclin. Ces rappels, trop souvent négligés, sont fort utiles.

Le chapitre IV, « Le projet euro-méditerranéen », traite du Processus de Barcelone, lancé en 1995. Dotoli montre que les promesses du Partenariat euro-méditerranéen « sont loin d’être réalisées » mais il expose aussi ses apports fondamentaux sur le plan des principes et dans plusieurs domaines qui ont pour nom Régionalisation, Environnement, Culture, Science, Formation. Il souligne enfin que le Concept du Partenariat a été la principale innovation du PEM. Le chapitre V, « L’Union pour la Méditerranée », fait une bonne analyse du projet lancé par Nicolas Sarkozy. Le sous-chapitre « L’abîme et le rêve » résume bien la problématique qui donne précisément lieu à débat, comme vous pouvez le constater dans Confluences Méditerranée.

Inattendu et passionnant, le dernier chapitre « L’imaginaire de la femme méditerranéenne », retrace ses évolutions et ses apports des origines à nos jours, dans des domaines essentiels. Et de conclure « La femme méditerranéenne n’est-elle pas à l’image de la mer-mère Méditerranée, de son miroir, de son gouffre et de son esprit ancestral  ? » Enfin, l’auteur donne le texte de la Déclaration commune du Sommet de Paris sur la Méditerranée,le 13 juillet 2008, et une utile bibliographie de neuf pages.

Une phrase de la conclusion résume bien sa philosophie : « Il faut agir. Si nous n’agissons pas, ce seront les Etats-Unis et la Chine qui agiront, en se transformant en nouveaux partenaires idéaux de la Méditerranée. » Je tiens à signaler que si ce livre est un modèle d’érudition, il est rédigé néanmoins dans un français accessible aux lecteurs non spécialisés.