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And Patrick Habis

L’Iran

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Fariba Adlkhah, L’Iran, Le Cavalier Bleu, collection « Idées reçues », 128 p.,Paris, 2009.

Ayant couvert pour le quotidien Le Monde l’Iran de chah Reza Pahlavi puis la Révolution islamique en 1978-1979 et y étant retourné depuis, je le dis d’emblée, le livre de Fariba Adelkhah, est le bienvenu, surtout après l’élection controversée, à juste titre, de Mahmoud Ahmadinejad.

Directrice de recherche au CERI (Centre d’études et de recherches internationales), cette anthropologue iranienne, installée en France depuis de nombreuses années, maîtrise particulièrement bien son sujet. Alors que les « idées reçues » sont nombreuses concernant ce pays trop souvent présenté comme une menace, elle nous éclaire sur sa complexité. Sans nier certains aspects négatifs, elle rétablit la vérité avec une solide argumentation fondée sur les faits. Parce qu’on a tendance en Occident à mettre l’accent sur le port du voile dans la République islamique, il semble que le chapitre qui illustre le mieux sa démarche soit celui qui porte sur la condition féminine. En fait, les Iraniennes sont électrices et éligibles : dès 1980, quatre ont été élues au Parlement et une nommée à l’Assemblée des experts. Elles ont utilisé l’obligation de porter le hijeb pour s’imposer dans l’administration, sur le marché du travail et dans de nombreux domaines. Il y a des réalisatrices de cinéma, des journalistes et des romancières. À l’université, elles sont environ 65 % et ont de meilleurs résultats que les garçons. Elles font du sport et peuvent conduire une voiture. L’avocate Shirin Ebadi a obtenu le Prix Nobel de la paix, en 2003, pour sa défense des Droits de l’Homme.

Citons ici les titres de quelques chapitres qui reprennent des idées reçues fréquentes en Occident et que démonte bien Fariba Adelkhah : « La République islamique est archaïque et obscurantiste », « L’Iran cherche à se doter de la bombe atomique », « Le chiisme est mortifère », « En Iran, la vie est austère », « Culture, minorités… La Révolution islamique a tout balayé ».

Pour finir, à l’heure où l’Iran semble bouger en profondeur, nous pouvons retenir entre autres ce que nous dit l’auteur : « S’il n’était qu’une idée reçue à sacrifier ce serait bien celle d’une République islamique archaïque hors de l’histoire ou encline au passéisme et déconnectée du changement de la société qu’elle gouverne ».