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And Patrick Habis

Islamophobie : construction et implications

Raphaël Liogier: Professeur des universités à Sciences Po Aix-en- Provence / Cherpa, et chargé de séminaire au Collège international de philosophie. Publication récente : Le complexe de Suez. Le vrai déclin français (et du continent européen), Ed. Le Bord de l’eau, 2015.
Haoues Seniguer: Maître de conférences en science politique à Sciences Po Lyon. Membre de l’ISERL (Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité), Lyon. Membre du comité de rédaction de Confluences Méditerranée.

Dans l’entretien qu’il a accordé à « Confluences Méditerranée », Raphaël Liogier revient sur les raisons qui l’ont conduit, alors qu’il n’était pas islamologue au départ, à s’interroger sur l’imaginaire occidental et la construction d’une vision négative de l’islam et des musulmans. En France, il en est découlé un respect inégal des principes républicains de liberté, égalité et fraternité, ainsi qu’une approche plus idéologique de la laïcité. Le mythe touchant à une islamisation menaçante doit être déconstruit, et d’abord en s’appuyant sur les données démographiques. Ses racines historiques – les chocs de la décolonisation, la révolution islamique en Iran... – sont bien sûr à prendre en compte aussi. Puis, avec les jeunes générations issues de l’immigration qui sont mieux conscientes de leurs droits, l’idée a crû que l’identité française était menacée : d’où, entre autres, une « laïcité patrimoniale » promue en défense. L’islamophobie – bien réelle – est niée ; le terme lui-même critiqué. Est- ce parce qu’il renverse de manière gênante les termes du problème, ceux que la présence musulmane agresse étant confrontés à leurs propres agressions, qui relèvent d’un racisme culturel ? Le problème ne se réduit cependant pas à une dénonciation plus active de l’islamophobie : tous les autres facteurs économiques et sociaux sont à prendre en compte.