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And Patrick Habis

Histoire de la guerre d’indépendance algérienne

Sylvie Thénault, Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, Paris, avril 2005, 303 p., 21 €

L’historien note que, une fois n’est pas coutume, cet ouvrage inscrit la téléologie dans son titre : sainement, il ne parle pas de « guerre d’Algérie » mais de « guerre d’indépendance algérienne. » Le livre est divisé en quatre parties. Après avoir classiquement analysé « 1954 dans la longue durée », Sylvie Thénault poursuit, à la fois chronologiquement et thématiquement, par un « Entrer en guerre, 1954-1957 », puis un « Au cour de l’affrontement, 1957-1959 », et enfin par un « En finir » (1959-1962).

Outre qu’elle a puisé dans ses propres recherches sur la France de la guerre de 1954-1962 et qu’elle a embrassé la plupart des travaux d’historiens dignes de ce nom qui s’y réfèrent, elle a minutieusement nourri ses développements qui embrassent tout le divers historique en se pénétrant d’une vaste bibliographie, y compris dans les domaines – l’Algérie des Algériens par exemple - qui n’étaient pas, à l’origine, au cour de sa problématique et de ses recherches [1]

Voici au total un livre bien peu médiatique, mais – ceci expliquant peutêtre cela –, rigoureusement informé, et de bout en bout pénétrant dans son honnêteté. Il s’agit d’une vraie synthèse aboutie. Sur bien des points –tant la machinerie de guerre, les entrelacs politiques algéro-français, la torture et les violences illégales, que les crises de l’Armée de Libération Nationale, ou encore le bilan humain sur lequel l’auteur fait un point scientifique dépassionné, en bannissant tant la sous-évaluation idéologique coloniale que l’inflation victimisante nationale-, elle livre tranquillement ses conclusions, en vraie historienne qu’elle est : sans concessions, comme sans complaisances, de quelque côté que ce soit. En un mot, et nonobstant ses choix anticolonialistes clairs, nous sommes, avec Sylvie Thénault, aux antipodes de l’idéologie. La raison en est que nous sommes dans l’Histoire.

Notes

1. Notamment Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, La Découverte, Paris, 2001, réédit. 2004.