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And Patrick Habis

Histoire de l’Albanie et des Albanais

Georges Castellan, Histoire de l’Albanie et des Albanais, Crozon, éd. Armeline, 2002, 205 p., 25€

Après s’être penché sur la Roumanie et avant la Macédoine et la Serbie, Georges Castellan, pour cette même collection aux éditions bretonnes Armeline, a publié un petit ouvrage faisant le point sur l’histoire de l’Albanie. Mais il ne s’arrête pas à l’Albanie, pays devenu indépendant en 1912 avec Tirana comme capitale. Comment pourrait-il le faire ? En effet, comme dans tous les Balkans, mais aussi en Afrique, les apprentis géomètres politiques ont tracé les frontières avec de grandes difficultés, tant et si bien que la moitié des Albanais vivent aujourd’hui en dehors de l’Albanie (Macédoine, Kosovo, Serbie du Sud, Monténégro).

Il était d’ailleurs impossible de tracer des frontières ethniques relativement « pures », tant les populations étaient mélangées dans l’Empire ottoman. Cela serait revenu à faire un remembrement cadastral dans le cap Corse !

Les Albanais peuplent le grand ouest des Balkans, de l’Adriatique au Vardar, du Monténégro à l’Epire. Mais ils ont su franchir les mers. Au Moyen Age, ils ont peuplé des régions du sud de l’Italie et la Sicile, sans oublier le massif du Pinde, puis les îles du golfe Saronique, au large du Pirée. Tchams, Arvanites, Arnaoutes sont tous des Albanais qui ont peuplé cette Méditerranée centrale, entre mers Egée, Ionienne et Adriatique.

Plusieurs siècles plus tard, les Albanais ont repris leurs baluchons, mais pour d’autres raisons. On les retrouve aux Etats-Unis, en Italie, en Suisse, en Belgique où ils ont acquis en peu de temps une terrible réputation de dangereux mafieux.

S’il existe désormais de nombreux ouvrages sur différentes composantes de la question albanaise, surtout après la chute du stalinisme à Tirana et l’explosion de la Yougoslavie, il n’existait pas de petits ouvrages de synthèse permettant de faire le point de façon didactique sur un problème complexe qui agite encore aujourd’hui la région. Ce n’est pas un hasard si l’auteur a intitulé sa conclusion : « Demain ? ».