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Grèce : l’Allemagne paiera !

Christophe Chiclet: Membre du comité de rédaction de Confluences Méditerranée
21 février 2015
« L’Allemagne paiera », telle était la devise de Georges Clémenceau lors du traité de Versailles en juin 1919. Et l’Allemagne a payé. Aujourd’hui cette même Allemagne refuse de rembourser ses dettes de guerre à la Grèce sous des prétextes fallacieux et historiquement contestables.

Quand l’armée allemande entrait dans une ville, elle était parfois accueillie avec des fleurs et une foule joyeuse comme dans la région des Sudètes, à Vienne, dans les Pays Baltes, à Zagreb. Souvent, comme à Prague ou à Paris, elle était accueillie par des curieux étonnés et souvent attristés par une défaite aussi rapide et une occupation qui commençait.

Mais pas en Grèce. Le 22 avril 1941, la wehrmacht bouscule l’armée grecque de Macédoine au verrou des Thermopyles. Le lendemain, le Premier ministre Tsoudéros et le roi Georges rejoignent la Crète, puis peu après l’Egypte où va s’installer le gouvernement grec en exil. Le 27 avril, l’avant-garde allemande entre dans Athènes. Elle découvre alors une ville morte où tous les habitants sont enfermés chez eux, derrière leurs volets fermés. Sombre présage pour l’occupant qui ne croise que des chiens errants et des chats effrayés devant les bruits des bottes et des chenilles. Un groupe de soldats conduit par un officier se dirige alors vers l’Acropole. Au sommet, il y trouve l’Evzone de garde et lui demande d’affaler le drapeau grec pour y hisser le drapeau nazi. Kostas Koukidis s’exécute. Mais au lieu de rendre son drapeau national à l’occupant, il se drape dans l’étamine à la croix blanche sur fond bleu, fait deux petits pas de danse et se jette dans le vide. Au pied de l’Acropole, le rouge se mêle alors au bleu et au blanc. La résistance vient de commencer. Un mois plus tard, deux jeunes étudiants, Manolis Glézos, aujourd’hui une des voix les plus écoutées et respectées de la Syriza [1], et son ami Lakis Sandas [2] grimpent nuitamment au mât de l’Acropole et arrachent la svastika. La résistance vient de s’organiser.

L’autre détachement allemand se rend directement à la Banque de Grèce située entre les places Syntagma et Omonia. Il s’agit d’une section de devisenschutzkommandos (Commandos de protection des devises) spécialisée dans le vol de l’or en Europe occupée. Dans sa précipitation, le roi de Grèce et les Britanniques n’ont pu partir qu’avec un quart de l’or de la Banque de Grèce. Le reste tombe dans la main des nazis. Ces derniers maquillent ce pillage en imposant un prêt au « titre de contribution obligatoire à l’effort de guerre », d’un montant de 476 millions de reichmarks, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de tonnes d’or. Berlin a fait la même chose dans neuf autres pays occupés : 57 tonnes en Pologne, 10 tonnes au Luxembourg, en Lettonie, Lituanie, Norvège, Belgique, Pays-Bas, Autriche, Tchécoslovaquie. En tout, l’Allemagne se retrouve à la tête de 8,5 milliards d’équivalents dollars-or. 5,2 milliards seront blanchis en Suisse, permettant au Reich d’acheter des matières premières pour son effort de guerre (pétrole roumain de Ploesti, fer suédois de Kiruna…).

Famine, destructions, massacres

Avec la Yougoslavie et les parties de l’Union soviétique occupées, la Grèce paiera un des plus lourds tributs à la triple occupation germano-italo-bulgare. Le pays est alors très pauvre, vivant essentiellement d’une petite agriculture vivrière. Les réquisitions de l’occupant vont avoir des effets tragiques. Ces derniers mettent le pays en coupe réglée et bientôt la famine apparaît dans les grandes villes et les îles pauvres. Le blocus économique britannique et le pillage germano-italien entraînent la disparition des produits alimentaires de première nécessité, la dépréciation de la monnaie et une inflation galopante. Le petit peuple d’Athènes, qui vivait grâce aux activités de distributions et de services, est touché de plein fouet. En octobre-novembre 1941 on compte déjà 30.000 morts de faim dans l’agglomération d’Athènes-Le Pirée, 60.000 en décembre et au total 260.000 pendant l’hiver 1941-42. Les cadavres d’enfants au ventre gonflé, de vieillards squelettiques s’amoncellent dans les rues de la capitale. C’est le seul pays de l’Europe occupée à connaître une telle hécatombe. A l’époque, l’évêque de Syros dans les Cyclades envoie un message poignant au Primat de Grèce, Monseigneur Damaskinos : « Envoyez-moi d’urgence des vivres ou des cercueils » [3]. Dès le 11 octobre 1941, le ministre italien des affaires étrangères tirait la sonnette d’alarme : « … La situation en Grèce peut se résumer en un mot : famine. Les pires conséquences sont à craindre, épidémies ou révoltes féroces de ceux qui savent qu’ils n’ont plus rien à perdre… » [4].

Dans les rues d’Athènes on voit apparaître des bandes de « sauteurs ». Il s’agit d’enfants qui, des terrasses, sautent dans les camions allemands de ravitaillement, volent de la nourriture et sautent aussitôt du camion. Les accidents sont nombreux et rapidement les soldats allemands n’hésitent plus à tirer sur ces gavroches athéniens. Les plus âgés de ces enfants seront rapidement recrutés par la résistance pour sauter sur les camions transportant des armes et des munitions afin de les voler à leur profit [5].

La Grèce sort véritablement exsangue de quatre ans de combats et d’occupation. 7% de la population a disparu dans la tourmente, soit 450.000 personnes dont 260.000 morts de faim, plus 70.000 blessés. 70.000 personnes ont été massacrées par l’occupant, 60.000 morts en déportation dont 50.000 Juifs (80% de la communauté) et 6.000 partisans morts au combat. 250.000 Grecs ont été chassés de Thrace par l’occupant bulgare. 50.000 habitants des îles, de Crète, du Péloponnèse et de l’Attique ont rejoint l’Egypte.

La richesse nationale a baissé de 30%, la production agricole de 50%. 65% du tonnage maritime gît au fond des mers, 56% des routes sont détruites ainsi que 65% des véhicules motorisés. 70% des ponts sont coupés et 95% du matériel ferroviaire est inutilisable. Un millier de villages ont été gravement endommagés, dont près de 300 totalement détruits. 200.000 maisons ont été rasées, laissant 500.000 personnes sans abri. L’Allemagne est responsable à environ 60% des pertes humaines, 20% pour la Bulgarie, 10% pour l’Italie [6] et 10% du fait des collaborateurs grecs. Quant aux villages rasés, on arrive à 80% de responsabilité pour Berlin et 20% pour Sofia. Bref, l’Allemagne d’aujourd’hui est l’héritière d’un très lourd passif quant aux tragédies grecques de la Deuxième Guerre mondiale. Et pourtant elle rechigne à indemniser.

De complexes indemnités

Georges Clémenceau a fait payer l’Allemagne pour les 1,5 millions de morts français et pour le grand nord-est de la France qui a été ravagé. En 1945, Paris et Moscou se sont servis sur « la bête », ou plutôt son cadavre. La France a fait travailler les prisonniers de guerre allemands jusqu’en 1947-48, l’Union soviétique jusqu’en 1950-55. Toutes deux avaient des zones d’occupation militaire. La Grèce exsangue n’avait que ses yeux pour pleurer, mais sera aussi la victime des prodromes de la guerre froide.

Dès le début de 1945, avec l’appui de l’armée britannique, les royalistes dont la majorité a collaboré avec les nazis reprennent le pouvoir et commencent la chasse aux anciens résistants. Bref, c’est le monde à l’envers. Alors que les collaborateurs sont poursuivis partout en Europe, en Grèce ils dirigent et se vengent des maquisards. C’est ainsi qu’en mars 1946, la guerre civile recommence. Les anciens résistants communistes reprennent le chemin des maquis. Le Royaume uni n’a plus les moyens militaires et financiers d’aider le Palais, le roi et sa camarilla.

En 1947, tout va changer. La doctrine Truman, suivie du plan Marshall début 1948, permet aux Etats-Unis de s’opposer efficacement à l’Union soviétique dans la cadre d’une guerre froide naissante. Il s’agit d’injecter des sommes énormes en Europe occidentale pour prévenir le développement des forces communistes. Si cette bataille est d’ordre économique et politique en France, Bénélux, Italie et zone d’occupation franco-anglo-américaine allemande, elle est d’ordre militaire en Grèce. Washington reprend en main et ravitaille massivement l’armée royale. Cette dernière en grand danger fin 1946-1947, face l’Armée démocratique de Grèce (DSE), connaît ses premières victoires fin 1948. Finalement les forces communistes sont battues et refluent en Albanie, Yougoslavie, Bulgarie en août-septembre 1949.

Les Etats-Unis veulent absolument reconstruire la partie occidentale de l’Allemagne. Pour ce faire ils organisent la naissance de la RFA en mai 1949 et demandent à leurs alliés d’alléger la dette de la nouvelle Allemagne de l’ouest. Moscou répond en créant la RDA en octobre 1949.

Athènes en pleine guerre civile n’a ni les moyens, ni l’envie de déplaire aux Américains. Elle ne demandera donc pas ses indemnités. Par ailleurs, la reine Frédérika, épouse du roi Paul, est une fille Brunswick qui a passé son adolescence aux jeunesses hitlériennes !

En 1953, les accords de Londres sur les dettes allemandes de 1919 à 1945 noient le poisson entre les Première et Deuxième Guerres mondiales. Les dettes les plus anciennes sont effacées. Mais dans ces accords il n’y a pas d’accords bilatéraux entre Bonn et Athènes. En 1960, la RFA verse 115 millions de Deutsche marks, soit 58 millions d’euros actuels à la Grèce, indemnités saupoudrées par le gouvernement conservateur grec dans des régions votant à droite. Une goutte d’eau dans le montant réel des indemnités.

En 1990, le traité de Moscou sur la réunification gomme une nouvelle fois les remboursements. Là encore Athènes n’a pas eu son mot à dire. Bref, pour une première fois, il fallait soutenir la jeune RFA contre le danger communiste et pour une deuxième fois, il fallait payer la réunification. La Grèce n’en finit donc pas de payer les aléas de la guerre froide, en 1945, 1953, 1960 et 1990.

Ce n’est qu’en 1996 qu’Athènes va rouvrir ce chapitre du contentieux grâce au ministre des affaires étrangères grec de l’époque, Théodore Pangalos [7]. Il s’en est expliqué lors d’une interview avec l’auteur à Athènes le 21 décembre 1997 :

Christophe Chiclet : « Comment se fait-il que l’Allemagne ne veut toujours pas rembourser ses dettes de guerre vis-à-vis de la Grèce ? »

Théodore Pangalos : « Il y a un problème réel et aussi une revendication populaire. La Grèce a eu une énorme résistance qui a libéré les ¾ du pays après de sanglantes batailles. Il y a eu des représailles, des atrocités et beaucoup de victimes des persécutions nazies. Ces victimes n’ont été indemnisées que très tardivement et de manière partielle. Elles revendiquent des compensations maintenant que l’Allemagne est réunifiée. En effet, un des arguments était que l’Allemagne n’était pas réunifiée et donc la République fédérale n’était pas la continuité de l’ancienne Allemagne.

CC : « Mais cela n’a pas empêché la RFA de rembourser la France et d’autres pays ».

T.P. : « Oui, mais il y a une question qui est beaucoup plus ennuyeuse car les Allemands ont pris l’or de la Banque de Grèce sous la forme d’un emprunt obligatoire. Donc ils ont volé cette somme pour leur besoin de guerre et ne l’ont jamais remboursé, ni évidemment les intérêts de cette somme. C’est une question ouverte entre nous et les Allemands. Nous leur avons posé naturellement et très amicalement la question, car nous sommes des amis et nous sommes partenaires dans le cadre de l’Union européenne ».

Merkel contre Tsipras

Théodore Pangalos, qui n’avait pourtant pas sa langue dans sa poche, avait rouvert ce dossier avec doigté et diplomatie. Il n’a cependant pas été entendu. L’affaire va rebondir après 2008 et la crise financière mondiale. Dès 2010, la Grèce boit la tasse et s’enfonce dans la récession, la crise et la paupérisation. Les gouvernements socialiste puis conservateur demandent de l’aide et un effacement d’une partie de leur dette. Ce qui sera fait en partie en 2012-2013. Déjà Berlin est vent debout contre ce sauvetage, mettant en avant la théorie de « la cigale et la fourmi » empreinte d’un racisme à peine caché. D’un côté le travailleur allemand et de l’autre le Méditerranéen grec menteur, tricheur et fainéant ! C’est oublier que le gouvernement CSU-CDU-SPD a plongé huit millions de travailleurs allemands dans la précarité, la pauvreté avec des mini-salaires allant de un à huit euros de l’heure.

Anguela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schaeuble reprennent à leur compte la maxime de Clémenceau, mais à leur profit : « La Grèce paiera ». Par ailleurs, en 2013 quand la crise touche par ricochet Chypre, Berlin est en pointe pour demander la sortie de l’île de la zone euro, pensant que c’est plus facile d’expulser Nicosie qu’Athènes. Sachant que pour les autorités allemandes Chypre pourrait devenir un cas d’école pour pousser dehors des membres de l’UE plus « gros ».

Après Pangalos en 1996-97, c’est le vieux résistant Manolis Glézos qui ressort le dossier de la dette de guerre dès 2010-12. Enfin, lors de la montée en puissance de la Syriza entre 2012 et 2014, ce parti rappelle à Berlin que la Grèce pourrait payer ses dettes si l’Allemagne lui réglait ce qu’elle lui devait. En clair, l’Allemagne détient 65 milliards d’euros de dette grecque, mais doit à minima 85 milliards d’euros de dettes de guerre. En effet, comme le rappelait Théodore Pangalos, il ne faut pas oublier les intérêts qui courent depuis 1945. Pour certains économistes grecs, la dette de guerre allemande pourrait grimper à 160 milliards. Un accord entre les deux pays pourrait apurer une partie de ce problème.

Mais il s’agit surtout d’une opposition totale entre deux visions de l’économie. Merkel défend un libéralisme pur et dur, un euro fort et une austérité sans faille. Pour sa vision de l’Allemagne peu lui importe les huit millions de travailleurs allemands devenus pauvres, sans compter les Polonais, Baltes, Biélorusses et autres, utilisés comme main d’œuvre encore plus corvéable et taillable à merci. D’autant que pour les conservateurs allemands, l’exemple grec pourrait être communicatif, en particulier à l’Espagne. Ce qui pourrait conduire à un axe Nicosie-Athènes-Madrid-Lisbonne, avec possibilité de toucher Dublin.

Pour les électeurs grecs de la Syriza, la coupe est pleine. Le PIB du pays a chuté de 25%, le chômage atteint les 28-30% (50% chez les moins de 25 ans). SDF et soupes populaires refont leur apparition dans les rues des grandes villes. Du jamais vu depuis les années 50.

Par ailleurs Berlin utilise des arguties juridiques. Elle ne pouvait rembourser la Grèce car l’Allemagne était divisée et la RFA n’était pas l’héritière du reich. Alors pourquoi cette même RFA a-t-elle payé sa dette à nombre de pays, dont les 115 millions de deutsche marks, miettes données aux Grecs en 1960. Et pourquoi l’accord de Moscou de 1990 sur la réunification annule-t-il les dettes. Bref, divisée, l’Allemagne n’avait pas à payer, réunie, elle n’a plus à payer. Ces arguties sont désormais insupportables à une population grecque dans la souffrance et qui ne demande que réparation.

[1Pour la biographie de Manolis Glézos, voir Confluences Méditerranée, n°91, automne 2014, p. 194.

[2Lakis Sandas (Patras 22 février 1922 – Athènes 30 avril 2011). Etudiant en droit à Athènes. En 1942, il rejoint le Parti communiste (KKE) et la résistance (EAM). En 1943, il passe au maquis au sein de l’Armée Populaire de Libération Nationale (ELAS) où il devient l’un des responsables de la 2° division. Il est arrêté par la police « monarcho-fasciste » en 1946 et déporté dans l’île d’Ikarie jusqu’en 1947. Libéré, il est réarrêté en 1948 et envoyé dans l’île-bagne de Makronissos jusqu’en 1951. Libéré, il obtient l’asile politique au Canada où il vivra de 1955 à 1963. Avec la victoire du centre gauche aux élections grecques, il rentre au pays en 1963.

[3Voir Christophe Chiclet : « Les communistes grecs dans la guerre », Paris, L’Harmattan, 1987, 324 pages.

[4Comte Galeazzo Ciano : « Journal politique 1939-1943 », Paris, ed. de La Baconnière, 1946.

[5Souvenir d’Andréas Kanas (1927-1994), interview avec l’auteur, Paris, 1985. Né le 21 mars 1927 au Caire dans une famille grecque. Il arrive à Athènes avec sa mère, son frère et sa sœur à l’âge de deux ans. En 1942, à quinze ans, il dirige une bande de sauteurs à Athènes. Arrêté pour vol par l’occupant, après six mois de maison de correction, il rejoint les jeunesses résistantes de l’EPON à l’automne 1943, chargé de la protection armée des jeunes militants. Réarrêté pour vol à Noël 1943, il est libéré en juin 1944. En décembre 1944, il combat les troupes britanniques en tant que Sous lieutenant de l’ELAS (Armée Populaire de Libération Nationale). Il est blessé par les soldats britanniques le 2 janvier 1945 près de l’école Polytechnique. Semi clandestin dans Athènes dès l’été 1945, il part au Caire à l’automne 1945 où il rejoint la section grecque du MDLN égyptien (Mouvement Démocratique de Libération Nationale, groupe Curiel). Arrêté par la police égyptienne en 1949, il s’évade en 1950 et s’embarque clandestinement sur un cargo soviétique dans le port d’Alexandrie. Arrivé à Odessa, il est aussitôt arrêté par le NKVD pour espionnage. En prison à Odessa de juin 1950 à janvier 1951, il est envoyé en Sibérie dans le camp de Vorkouta jusqu’en juin 1951, puis à Sverdlovsk, Vorkouta, Koslan, Nerekhta. Libéré de Nerekhta le 28 avril 1953 peu après la mort de Staline. S’installe comme artiste sculpteur à Neboltchi puis Léningrad jusqu’en février 1954. En résidence surveillée à Moscou en mars-avril 1954. Autorisé à rentrer en Grèce, il arrive à Athènes en mai 1954 où les services secrets (KYP) veulent le recruter. Il refuse et finit par rejoindre Paris en 1958. Ecrivain, peintre et inventeur pour l’aéronautique (rivets pour les avions), il était membre de la section française de Greenpeace.

[6En octobre 1943, l’Italie rejoint les Alliés et la zone d’occupation italienne passe sous la coupe de l’armée allemande jusqu’en octobre-novembre 1944.

[7Théodore Pangalos, né en 1938 est le petit-fils d’un général républicain putschiste. Il fait des études de droit et d’économie à Athènes, adhère aux jeunesses Lambrakis dirigées par Mikis Théodorakis. Il sera arrêté plusieurs fois. En 1964, il se présente aux élections sous les couleurs de l’EDA (Gauche démocratique unifiée). En 1965, il poursuit ses études à Paris en économie-politique. Durant la dictature des colonels il adhère à un mouvement de résistance, le PAM. Déchu de sa nationalité en 1968. Il est le représentant des jeunesses du Parti communiste de Grèce à Paris. Assistant et chercheur en économie politique à Paris de 1969 à 1978, directeur de l’Institut de développement économique de Paris de 1972 à 1979. Entre au PASOK en 1975. Elu régulièrement député du PASOK de l’Attique depuis 1981. Ministre des affaires européennes en 1984-85, 1987-89, 1993-94. Il participe à la prise en main du PASOK par Kostas Simitis contre les fidèles d’Andréas Papandréou. Ministre des affaires étrangères de janvier 1996 à février 1999.