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Georges Bonnet, les combats d’un pacifiste

Jacques Puyaubert, Georges Bonnet, les combats d’un pacifiste, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2007, 371 p., 20 €

Georges Bonnet est une des personnalités politiques de la Troisième République des plus importantes, mais pourtant la moins connue. Il revient à Jacques Puyaubert, membre du Centre d’études des mondes moderne et contemporain de l’Université de Bordeaux 3 d’éclairer la vie de ce politicien paradoxal, révélateur des contradictions des années 1920-1950.

Georges Bonnet est une figure de radicalisme-cassoulet. C’est une personnalité du radical-socialisme du Périgord. Mais sa destinée est liée à la Première Guerre mondiale. La boucherie des tranchées fera de lui un ardent pacifiste. Sergent d’un régiment de dragons en 1914, il vomira toute sa vie la guerre et cherchera toujours une solution diplomatiquepacifique, jusqu’à se fourvoyer un temps avec Vichy.

Il est ministre dans le gouvernement du Cartel des gauches, le premier à gauche depuis des lustres. On le retrouve ministre des Finances en 1933 et en 1937. Mais c’est en 1938 qu’il devient une personnalité incontournable. Ce pacifiste convaincu devient ministre des Affaires étrangères. C’est un des grands artisans des accords de Munich en 1938. Son but n’est pas de se coucher devant Hitler, mais d’éviter la boucherie de 14-18.

Georges Bonnet a aussi une vraie politique méditerranéenne. Contre vents et marées, il tente jusqu’en 1938-39 de détacher Mussolini de l’Allemagne nazie, espérant faire revenir l’Italie dans le camp des démocraties occidentales, comme en 1915. Mais cet utopiste-pacifiste ne pourra rien faire contre le rouleau compresseur nazi. Enfin, il tentera de négocier une trêve de Noël en 1939 entre les troupes franquistes et l’armée républicaine espagnole au bord de l’agonie. Une proposition qui aurait permis à des milliers de civils de passer en France. Peine perdue devant l’obstination des franquistes et des staliniens.

Georges Bonnet a eu le tort de flirter avec Vichy entre 1941 et 1943, ce qui lui vaudra un exil en Suisse de 1944 à 1950.