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Dernier Numéro

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And Patrick Habis

Frontières et recompositions territoriales

sous la direction de Karine Bennafla

Les révoltes arabes ont donné lieu à beaucoup d’analyses politiques et sociologiques mais peu d’études se sont penchées sur les conséquences spatiales et territoriales des (mal nommés) « Printemps arabes ». Qui eût imaginé qu’un des effets de la vague contestataire amorcée en 2010/2011 dans les pays arabes eut été les coups de boutoir portés aux frontières et la remise en cause des cadres stato-nationaux hérités pour la plupart des périodes mandataire ou coloniale ? Conflits, guerre civile, interventions des armées étrangères, afflux de réfugiés et proclamation du califat entre Syrie et Irak (juin 2014) brouillent la carte du Maghreb et du Moyen-Orient, un bouleversement sans pareil depuis la chute de l’empire ottoman, à la fin de la Première Guerre mondiale. Et c’est bien d’une région aux contours élargis dont il s’agit, car les marges sahélo-sahariennes sont, elles aussi, agitées de soubresauts territoriaux, un nouveau cycle enclenché avec l’effondrement du régime de Kadhafi en 2011 et l’activisme recrudescent de groupes djihadistes au Sahel (AQMI, Mujao, Ansar ed dine, Boko Haram). De même, les pays européens sont confrontés à un afflux sans précédent de réfugiés qui conduit à repenser en miroir la signification et le rôle des frontières. Ce numéro de Confluences Méditerranée questionne le « tournant frontalier et territorial » dans la région : 5 ans après le début des révoltes arabes, quels sont les processus de dé/re-territorialisation observables ? L’effondrement de certains Etats signifie-t-il l’effondrement des frontières, un fractionnement des espaces nationaux et l’esquisse d’un ordre territorial alternatif durable ? Par qui et comment sont gérés aux échelles micro et macro les espaces remodelés ? Quels acteurs et quelles logiques politico-administratives s’affrontent ? L’une des conséquences majeures des conflits en cours est l’ébranlement généralisé des frontières comme limite d’espace où s’exerce la souveraineté étatique : l’intervention de troupes étrangères et le recours à des mercenaires se sont généralisés et banalisés ; beaucoup de zones périphériques et frontalières, souvent des espaces économiquement marginalisés et délaissés par les politiques d’équipement ou de développement, sont devenues des centres névralgiques investis par des groupes armés, y compris dans un objectif de captation des ressources liées aux trafics. Ces bouleversements sont-ils le prélude à une nouvelle carte des frontières ou bien reflètent-ils de nouveaux modes d’administration territoriale, une révision des normes étatiques ou/et de nouveaux rapports de force géopolitiques qui réaffirment identités et récits nationaux ?

Envoi des articles (25 000 signes max/4500 mots) à karine.bennafla@cedej-eg.org Date limite d’envoi : 1er mai 2017 Sortie prévue : été 2017