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Diasporas et espaces transnationaux

Michel Bruneau, Diasporas et espaces transnationaux, Anthropos, col. Villes- Géographie, 2004, 250 p., 30 €

Chercheur au CNRS, Michel Bruneau est un spécialiste reconnu de la Grèce en général et des diasporas grecques en particulier. Diaspora et espaces transnationaux dépasse largement l’étude des diasporas grecques. L’auteur livre une étude globale sur le phénomène diasporique. Il s’agit d’un phénomène qui n’est étudié que depuis seulement 20 ans alors que les flux de populations deviennent aujourd’hui un phénomène socio-ethno-économique majeur.

Ce n’est pas un hasard si ce spécialiste de la Grèce travaille sur la diaspora puisque le terme de diaspora vient du grec ancien diaspeirein (disséminé), mot grec emprunté au vocabulaire religieux des juifs hellénophones d’Egypte, puisé dans les textes de la Bible des Septante (traduction grecque des textes écrits en hébreu et en araméen). Dans son introduction, l’auteur pose d’emblée la complexité de ce phénomène qui a énormément évolué depuis une trentaine d’années : « Les mouvements et flux de populations, les migrations, différentes formes de plus en plus complexes de mobilités, caractérisent le monde d’aujourd’hui. Les termes transnational, transfrontalier, trans-étatique, cosmopolitisme, sont de plus en plus employés ».

Au départ, l’étude des diasporas était relativement simple. Historiens et géographes s’entendaient pour les définir selon des critères classiques : le modèle archétypal parlait des trois grandes diasporas : la juive, la grecque et l’arménienne. Cette typologie était basée sur différents vecteurs : ancienneté historique, réseaux marchands, violences, pogromes et génocides. Cette définition de base ne correspond plus aux réalités des nouvelles diasporas. Il existe désormais de nouvelles diasporas issues de travailleurs chassés par les famines ou simplement par la pauvreté et attirés par les richesses des pays d’« accueil ». Outre les juifs, les Grecs et les Arméniens, l’auteur met désormais en avant les diasporas chinoises, indiennes, noires africaines, antillaises et turques. Aujourd’hui, les chercheurs sont d’accord pour définir les diasporas par rapport à six facteurs : dispersion d’une population à partir d’un centre vers au moins deux régions d’accueil ; maintien d’une mémoire collective du milieu d’origine ; conscience d’une difficile acceptation de la société d’accueil ; objectif d’un retour vers la « Mère Patrie » ; défense du pays d’origine ; sauvegarde des liens avec le pays d’origine.