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And Patrick Habis

De la révolution à la réforme : chiisme et politique en Arabie saoudite

Laurence Louër: Professeure associée à Sciences Po et chercheure au CERI.

Le printemps arabe a marqué un nouveau tournant dans les relations entre le régime saoudien et sa minorité chiite, marqué par un double processus de radicalisation. Radicalisation d’une partie des leaders d’opinion chiites d’une part, dont l’ampleur doit cependant être relativisée. En effet, les émeutes, si elles persistent dans la région de Qatif, sont le fait d’une minorité et sont ouvertement condamnées par le Mouvement de la réforme et la majorité des leaders d’opinion chiites. Par ailleurs, si la position du Mouvement de la réforme est fragilisée, elle n’a pas été fondamentalement remise en cause et les dissidents, s’ils sont influents, ne disposent pas de larges bases politiques. C’est vrai y compris de Nimr al-Nimr. Radicalisation au sein du régime d’autre part. Avant 2012, la politique de la reconnaissance du Mouvement de la réforme avait fait les frais des luttes de factions internes à la dynastie Al Saoud, qui opposaient notamment le Roi Abdallah et le Prince héritier Nayef. Soutiens du Roi, les chiites étaient devenus une des cibles favorites du puissant prince Nayef lorsqu’il souhaitait signifier à Abdallah les limites de son pouvoir.